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Mariage d'amour, mariage d'argent
J'ai vu se marier toutes sortes de gens Des gens de basse source et des grands de la terre Des pretendus coiffeurs, des soi-disant notaires Quand meme je vivrais jusqu'a la fin des temps Je garderai toujours le souvenir content Du jour de pauvre noce ou mon pere et ma mere S'allerent epouser devant Monsieur le Maire C'est dans un char a bœufs, s'il faut parler bien franc Tires par les amis, pousses par les parents Que les vieux amoureux firent leurs epousailles Apres longtemps d'amour, longtemps de fiancailles Cortege nuptiale hors de l'ordre courant La foule nous couvait d'un œil protuberant Nous etions contemples par le monde futile Qui n'avait jamais vu de noce de ce style Voici le vent qui souffle emportant, creve-cœur! Le chapeau de mon pere et les enfants de chœur Voila la pluie qui tombe en pesant bien ses gouttes Comme pour empecher la noce, coute que coute Je n'oublierai jamais la mariee en pleurs Bercant comme une poupee son gros bouquet de fleurs Moi, pour la consoler, moi de toute ma morgue Sur mon harmonica jouant les grandes orgues Tous les garcons d'honneur, montrant le poing aux nues Criaient: "Par Jupiter, la noce continue!" Par les hommes decries, par les Dieux contraries La noce continue et vive la mariee! |
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Avec une beche a l'epaule
Avec, a la levre, un doux chant Avec, a la levre, un doux chant Avec, a l'ame, un grand courage Il s'en allait trimer aux champs Pauvre Martin, pauvre misere Creuse la terre creuse le temps! Pour gagner le pain de sa vie De l'aurore jusqu'au couchant De l'aurore jusqu'au couchant Il s'en allait becher la terre En tous les lieux, par tous les temps Pauvre Martin, pauvre misere Creuse la terre creuse le temps! Sans laisser voir, sur son visage Ni l'air jaloux ni l'air mechant Ni l'air jaloux ni l'air mechant Il retournait le champ des autres Toujours bechant, toujours bechant! Pauvre Martin, pauvre misere Creuse la terre creuse le temps! Et quand la mort lui a fait signe De labourer son dernier champ De labourer son dernier champ Il creusa lui-meme sa tombe En faisant vite, en se cachant Pauvre Martin, pauvre misere Creuse la terre creuse le temps! Il creusa lui-meme sa tombe En faisant vite, en se cachant En faisant vite, en se cachant Et s'y etendit sans rien dire Pour ne pas deranger les gens Pauvre Martin, pauvre misere Dors sous la terre dors sous le temps! |
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O vous, les arracheurs de dents
Tous les cafards, les charlatans Les prophetes, Comptez plus sur oncle Archibald Pour payer les violons du bal A vos fetes... En courant sus a un voleur Qui venait de lui chiper l'heure A sa montre, Oncle Archibald - coquin de sort! Fit, de Sa Majeste la Mort La rencontre... Telle une femme de petite vertu Elle arpentait le trottoir du Cimetiere, Aguichant les hommes en troussant Un peu plus haut qu'il n'est decent Son suaire... Oncle Archibald, d'un ton gouailleur Lui dit: "Va-t'en faire pendre ailleurs Ton squelette, Fi! des femelles decharnees! Vive les belles un tantinet Rondelettes!" Lors, montant sur ses grands chevaux La Mort brandit la longue faux D'agronome, Qu'elle serrait dans son linceul Et faucha d'un seul coup, d'un seul Le bonhomme... Comme il n'avait pas l'air content Elle lui dit: "Ca fait longtemps Que je t'aime... Et notre hymen a tous les deux Etait prevu depuis le jour de Ton bapteme... "Si tu te couches dans mes bras Alors la vie te semblera Plus facile, Tu y seras hors de portee Des chiens, des loups, des hommes et des imbeciles... "Nul n'y contestera tes droits Tu pourra crier "Vive le roi! Sans intrigue, Si l'envie te prend de changer Tu pourras crier sans danger: Vive la Ligue! "Ton temps de dupe est revolu Personne ne se payera plus Sur la bete, Les "Plait-il, maitre?" auront plus cours Plus jamais tu n'auras a courber la tete" Et mon oncle emboita le pas De la belle qui ne semblait pas Si feroce, Et les voila, bras dessus, bras dessous Les voila partis je ne sais ou Faire leurs noces... O vous, les arracheurs de dents Tous les cafards, les charlatans Les prophetes, Comptez plus sur oncle Archibald Pour payer les violons du bal A vos fetes... |
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Rien n'est jamais acquis a l'homme
Ni sa force ni sa faiblesse ni son cœur Et quand il croit ouvrir ses bras Son ombre est celle d'une croix Et quand il croit serrer son bonheur il le broie Sa vie est un etrange et douloureux divorce Il n'y a pas d'amour heureux Sa vie elle ressemble a ces soldats sans armes Qu'on avait habilles pour un autre destin A quoi peut leur servir de se lever matin Eux qu'on retrouve au soir desarmes incertains Dites ces mots Ma Vie et retenez vos larmes Il n'y a pas d'amour heureux Mon bel amour mon cher amour ma dechirure Je te porte dans moi comme un oiseau blesse Et ceux-la sans savoir nous regardent passer Repetant apres moi ces mots que j'ai tresses Et qui pour tes grands yeux tout aussitot moururent Il n'y a pas d'amour heureux Le temps d'apprendre a vivre il est deja trop tard Que pleurent dans la nuit nos cœurs a l'unisson Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare Il n'y a pas d'amour heureux |
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En notre tour de Babel, laquelle est la plus belle
La plus aimable parmi les femmes de vos amis? Laquelle est votre vraie nounou, la p'tite sœur des pauvres de vous Dans le guignon toujours presente, quelle est cette fee bienfaisante? C'est pas la femme de Bertrand, pas la femme de Gontrand Pas la femme de Pamphile, c'est pas la femme de Firmin Pas la femme de Germain, ni celle de Benjamin C'est pas la femme d'Honore, ni celle de Desire Ni celle de Theophile, encore moins la femme de Nestor Non, c'est la femme d'Hector. Et quand on vous prend la main sacre bon dieu dans un sac Et qu'on vous envoie planter des choux a la Sante Quelle est celle qui, prenant modele sur les vertus des chiens fideles Reste a l'arret devant la porte en attendant qu'on vous en sorte? C'est pas la femme de Bertrand, pas la femme de Gontrand Pas la femme de Pamphile, c'est pas la femme de Firmin Pas la femme de Germain, ni celle de Benjamin C'est pas la femme d'Honore, ni celle de Desire Ni celle de Theophile, encore moins la femme de Nestor Non, c'est la femme d'Hector. Et quand l'un d'entre vous meurt, qu'on vous met en demeure De debarrasser l'hotel de ses restes mortels Quelle est celle qui r'mue tout Paris pour qu'on lui fasse, au plus bas prix Des funerailles gigantesques, pas nationales, non, mais presque? C'est pas la femme de Bertrand, pas la femme de Gontrand Pas la femme de Pamphile, c'est pas la femme de Firmin Pas la femme de Germain, ni celle de Benjamin C'est pas la femme d'Honore, ni celle de Desire Ni celle de Theophile, encore moins la femme de Nestor Non, c'est la femme d'Hector. Et quand vient le mois de mai, le joli temps d'aimer Que sans echo, dans les cours, vous hurlez a l'amour Quelle est celle qui vous plaint beaucoup Quelle est celle qui vous saute au cou Qui vous dispense sa tendresse toutes ses economies de caresses? C'est pas la femme de Bertrand, pas la femme de Gontrand Pas la femme de Pamphile, c'est pas la femme de Firmin Pas la femme de Germain, ni celle de Benjamin C'est pas la femme d'Honore, ni celle de Desire Ni celle de Theophile, encore moins la femme de Nestor Non, c'est la femme d'Hector. Ne jetez pas les morceaux de vos cœurs aux pourceaux Perdez pas votre latin au profit des pantins Chantez pas la langue des dieux pour les balourds, les fesse-Mathieu Les paltoquets, ni les bobeches, les foutriquets, ni les pimbeches Ni pour la femme de Bertrand, pur la femme de Gontrand Pour la femme de Pamphile, ni pour la femme de Firmin Pour la femme de Germain, ni celle de Benjamin Ni pour la femme d'Honore, ni celle de Desire Ni celle de Theophile, encore moins pour la femme de Nestor Mais pour la femme d'Hector. |
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to moonn6pence from shootingstar
2005.6.5. Ne me quitte pas 날 떠나지 말아요 Il faut oublier 잊어야 해요 Tout peut s"oublier 다 잊을 수 있어요 Qui s"enfuit deja 이미 지나간 일은 Oublier le temps 잊어요 서로가 Des malentendus 오해했던 시간과 Et le temps perdu 방법을 궁리하다 A savoir comment 잃어버린 시간을 Oublier ces heures 잊어요 그 시간들을 Qui tuaient parfois 이유만 따지다 A coups de pourquoi 행복한 마음을 때로 Le coeur du bonheur 절망시킨 시간들을 Ne me quitte pas 날 떠나지 말아요 Ne me quitte pas 날 떠나지 말아요 Ne me quitte pas 날 떠나지 말아요 Ne me quitte pas 날 떠나지 말아요 Moi je t"offrirai 당신께 줄께요 Des perles de pluie 비가 내리지 않는 Venues d"un pays 나라에서 온 Ou il ne pleut pas 진주알의 비를 Je creuserai la terre 땅을 파겠어요 Jusqu"apres ma mort 죽어 쓰러질 때까지 Pour couvrir ton corps 황금과 빛으로 D"or et de lumiere 당신을 덮겠어요 Je ferai un domaine 왕국을 만들께요 Ou l"amour sera roi 사랑이 왕이 되고 Ou l"amour sera loi 사랑이 법이 되고 Ou tu seras reine 당신이 왕비 되는 왕국을 Ne me quitte pas 날 떠나지 말아요 Ne me quitte pas 날 떠나지 말아요 Ne me quitte pas 날 떠나지 말아요 Ne me quitte pas 날 떠나지 말아요 Ne me quitte pas 날 떠나지 말아요 Je t"inventerai 당신을 위해서 Des mots insenses 당신이 재밌어 할 Que tu comprendras넌센스 말을 지어낼께요 Je te parlerai 얘기해 줄게요 De ces amants-la 불타는 가슴을 Qui ont vu deux fois 두 번씩 경험했던 Leurs coeurs s"embraser 연인들 얘기를 Je te raconterai 얘기해 줄게요 L"histoire de ce roi 당신을 만날 수 없어 Mort de n"avoir pas 상심하여 죽고 만 Pu te rencontrer 왕의 이야기를 Ne me quitte pas 날 떠나지 말아요 Ne me quitte pas 날 떠나지 말아요 Ne me quitte pas 날 떠나지 말아요 Ne me quitte pas 날 떠나지 말아요 On a vu souvent 사람들은 봤대요 Rejaillir le feu 너무 늙었다 여겼던 De l"ancien volcan 옛 화산이 또다시 Qu"on croyait trop vieux 불을 뿜는 걸 Il est parait-il 그래서 아마도 Des terres brulees 불타 버린 땅에서 Donnant plus de ble 최고 계절 사월보다 Qu"un meilleur avril 더 많은 곡식이 났나 봐요 Et quand vient le soir 그리고 하늘이 불타게끔 Pour qu"un ciel flamboie 저녁이 오면 Le rouge et le noir 붉은 것과 검은 것은 Ne s"epousent-ils pas 하나로 합하지 않아요 Ne me quitte pas 날 떠나지 말아요 Ne me quitte pas 날 떠나지 말아요 Ne me quitte pas 날 떠나지 말아요 Ne me quitte pas 날 떠나지 말아요 Ne me quitte pas 날 떠나지 말아요 Je ne vais plus pleurer 이제 울지 않을께요 Je ne vais plus parler 이제 말하지 않을께요 Je me cacherai la 그냥 여기 숨어서 A te regarder 당신을 지켜볼께요 Danser et sourire 춤추고 미소짓는 당신 모습을 Et a t"ecouter 그냥 듣고만 있을께요 Chanter et puis rire 당신이 노래하고 웃어대는 걸 Laisse-moi devenir 허락해 줘요 내가 L"ombre de ton ombre 당신 그림자의 그림자가 되고 L"ombre de ta main 당신 손의 그림자가 되고 L"ombre de ton chien, mais 당신 멍이의 그림자가 되는 걸, 다만 Ne me quitte pas 날 떠나지 말아요 Ne me quitte pas 날 떠나지 말아요 Ne me quitte pas 날 떠나지 말아요 Ne me quitte pas 날 떠나지 말아요... |
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Derriere la salete
S'etalant devant nous Derriere les yeux plisses Et les visages mous Au-dela de ces mains Ouvertes ou fermees Qui se tendent en vain Ou qui sont poing leve Plus loin que les frontieres Qui sont de barbeles Plus loin que la misere Il nous faut regarder Il nous faut regarder Ce qu'il y a de beau Le ciel gris ou bleute Les filles au bord de l'eau {x2} L'ami qu'on sait fidele Le soleil de demain Le vol d'une hirondelle Le bateau qui revient Par-dela le concert Des sanglots et des pleurs Et des cris de colere Des hommes qui ont peur Par-dela le vacarme Des rues et des chantiers Des sirenes d'alarme Des jurons de charretier Plus fort que les enfants Qui racontent les guerres Et plus fort que les grands Qui nous les ont fait faire Il nous faut ecouter L'oiseau au fond des bois Le murmure de l'ete Le sang qui monte en soi {x2} Les berceuses des meres Les prieres des enfants Et le bruit de la terre Qui s'endort doucement. |
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Vous entendrez parler de lui.
On vous dira dans le pays Qu'il etait cela ou ceci. N'en croyez rien. On vous dira, peut-etre encore, Que la nuit, il couchait dehors Ou bien qu'il etait cousu d'or. N'en croyez rien. Certains dirons qu'il etait blond, D'autres plus noir que le charbon. On vous dira du bien, du mal. Ca m'est egal. Vous entendrez parler de lui. On dira qu'il semblait sorti D'un conte des mille et une nuits Ou d'une prison. On l'a pris pour un fils d'un roi. On l'a pris pour un je ne sais quoi Et meme pour les deux a la fois. Qui a raison ? Ils en ont dit, tellement dit Qu'un jour, il a du quitter le pays. Il a disparu dans la nuit, Evanoui. C'est un lundi, je m'en souviens, Juste avant le petit matin. Nous avons denoue nos mains, Pres du canal. Vous entendrez parler de lui, Puis il tombera dans l'oubli. On oublie tout. Pourquoi pas lui ? Ce serait normal Mais que pourront-ils vous en dire, Ceux qui ne l'ont pas vu partir. Il a essaye de sourire, Et ce sourire, Et ce sourire, Ah, ce sourire... Vous entendrez parler de lui, Vous entendrez parler de lui, Vous entendrez parler de lui, Ca m'est egal... |
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Liberte, liberte,
Qu'as-tu fait liberte De ceux-la qui voulaient te defendre ? Les voila tes amis Ils etaient trop petits Et deja le bourreau va les pendre Ils aimaient bien leurs enfants Ils aimaient bien leurs parents Et pas qu'un peu le vin rouge et l'amour Mais quelque chose manquait Qu'ils ne pouvaient expliquer Et c'etait toi liberte des beaux jours Avec une rose au chapeau Bien plus jolie qu'un drapeau Droit devant eux un jour s'en sont alles Mais ils n'ont pas fait quatre pas Que les sergents etaient la Qui les tenaient au bout des pistolets N'as-tu pas deux visages, liberte : L'un joyeux l'autre grave ? Liberte, liberte, Qu'as-tu fait liberte De ceux-la qui t'ont crue sur parole Ils ne t'ont jamais vue Ils ne te verront plus Liberte fameux reve des hommes Ils ne revaient que de toi Ils ne vivaient que par toi Et c'est pour toi qu'ils prieront dans le ciel Rien n'a change dans leur cœur Ils n'ont pas froid, n'ont pas peur C'est toujours toi liberte leur soleil Et quand on les a condamnes Ils ont salue sans pleurer Et l'un a l'autre ils se sont embrasses Ils ont crie : "Vive le roi, Vive la reine et la loi, Mais vive aussi, vive la liberte" |
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Est-ce la main de Dieu,
Est-ce la main de Diable Qui a tisse le ciel De ce beau matin-la, Lui plantant dans le cœur Un morceau de soleil Qui se brise sur l'eau En mille eclats vermeils ? Est-ce la main de Dieu, Est-ce la main du Diable Qui a mis sur la mer Cet etrange voilier Qui, pareil au serpent, Semble se deplier, Noir et blanc, sur l'eau bleue Que le vent fait danser ? Est-ce Dieu, est-ce Diable Ou les deux a la fois Qui, un jour, s'unissant, Ont fait ce matin-la ? Est-ce l'un, est-ce l'autre ? Vraiment, je ne sais pas Mais, pour tant de beaute, Merci, et chapeau bas. Est-ce la main de Dieu, Est-ce la main de Diable Qui a mis cette rose Au jardin que voila ? Pour quel ardent amour, Pour quelle noble dame La rose de velours Au jardin que voila ? Et ces prunes eclatees, Et tous ces lilas blancs, Et ces grosseilles rouges, Et ces rires d'enfants, Et Christine si belle Sous ses jupons blancs, Avec, au beau milieu, L'eclat de ses vingt ans ? Est-ce Dieu, est-ce Diable Ou les deux a la fois Qui, un jour, s'unissant, Ont fait ce printemps-la ? Est-ce l'un, est-ce l'autre ? Vraiment, je ne sais pas Mais pour tant de beaute, Merci, et chapeau bas ! Le voilier qui s'enfuit, La rose que voila Et ces fleurs et ces fruits Et nos larmes de joie... Qui a pu nous offrir Toutes ces beautes-la ? Cueillons-les sans rien dire. Va, c'est pour toi et moi ! Est-ce la main de Dieu Et celle du Malin Qui, un jour, s'unissant, Ont croise nos chemins ? Est-ce l'un, est-ce l'autre ? Vraiment, je ne sais pas Mais pour cet amour-la Merci, et chapeau bas ! Mais pour toi et pour moi Merci, et chapeau bas ! |
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from Barbara - Barbara Chante G. Brassens Et J. Brel [project] (1992)
Il a foutu le camp, le temps du lilas,
Le temps de la rose offerte, Le temps des serments d'amour, Le temps des toujours, toujours. Il m'a plantee la, sans me laisser d'adresse. Il est parti, adieu Berthe. Si tu le vois, ramene-le moi, Le joli temps du lilas. On en sourit du coin de l'?il Mais on en reve, du grand amour. Je l'ai connu, j'en porte le deuil. Ca ne peut durer toujours. Je l'ai valse au grand soleil, La valse qui vous fait la peau douce. Je l'ai croque, le fruit vermeil, A belle dents, a belle bouche. J'en ai profite, du temps du lilas, Du temps de la rose offerte, Du temps des serments d'amour, Du temps des toujours, toujours. Avant qu'il me quitte, pour me planter la Qu'il me salue, adieu Berthe, J'en ai profite, t'en fais pas pour moi, Du joli temps du lilas. Il nous arrive par un dimanche, Un lundi, un beau jour comme ca. Alors, chaque nuit qui se penche S'allume dans un feu de joie Et puis un jour, c'est la bataille. Meurent la rose et le lilas. Fini le temps des epousailles. C'est la guerre entre toi et moi Et le voila qui fout le camp sans nous crier gare. La rose s'est trop ouverte. On veut le rattraper mais il est trop tard, Le joli temps du lilas. Il vous plante la, sans laisser d'adresse Salue et adieu Berthe. Il vous file entre les doigts, Le joli temps du lilas Mais va t'en balancer a ses branches, Va t'en rever dans ses jardins, Va t'en trainer, hanche contre hanche, Du soir jusqu'au petit matin, Mais va t'en profiter du temps du lilas, Du temps de la rose offerte, Du temps des serments d'amour, Du temps des toujours, toujours. Ne reste pas la, va t'en le cueillir. Il passe et puis adieu Berthe. T'en fais pas pour moi : j'ai mes souvenirs Du joli temps du lilas... |
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from Barbara - Barbara Chante G. Brassens Et J. Brel [project] (1992)
Tout le sang qu'ont verse
Les hommes dans la plaine Et tous les trepasses Des causes incertaines Ont fait qu'a ce verger Il pousse par centaines La rose et le pommier, Aussi, la marjolaine. Tous ceux qui ont crie Que leur mort etait vaine, Tous ceux qui ont pleure, Le front dans la verveine, Tous ceux qui ont souffle, La, leur derniere haleine Ont fait de ce verger Sur la rive lorraine Un creux tendre ou s'aimer Quand les saisons reviennent. Tous ces desarconnes Qui n'eurent le temps meme De dire, emerveilles : "Ce sont tes yeux que j'aime.", Toutes ces fiancees Dont l'attente fut vaine, Ces hommes arraches A leur noce prochaine, Sourient a regarder Ceux que l'amour amene Sur l'herbe du verger Quand leurs bouches se prennent. Tous ceux qui ont laisse Leurs amours quotidiennes, Les membres fracasses Et le sang hors des veines, Tous ceux qu'on a pleures Lors des guerres anciennes, Ceux qu'on a oublies, Les sans noms, les boheme, Se levent pour chanter Quand les amants s'en viennent, Insouciants, echanger La caresse sereine Qui leur fut refusee Au nom d'une rengaine. Tout le sang qu'ont verse Les hommes dans la plaine Et tous les trepasses Des causes incertaines Ont fait qu'a ce verger Il pousse par centaines La rose et le pommier Aussi, la marjolaine Ont fait de ce verger Sur la rive lorraine Un creux tendre ou s'aimer Quand les saisons reviennent... |
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from Barbara - Barbara Chante G. Brassens Et J. Brel [project] (1992)
Tu ne te souviendras pas
De cette nuit ou l'on s'aimait, Toutes les nuits, cahin-caha, S'effeuillent au calendrier. Tu ne te souviendras pas De mon visage, de mon nom. Les marionnettes d'ici-bas Font trois petits tours et puis s'en vont. Tu ne te souviendras pas Du vent, des algues, de cette plage, De ce silence, de notre emoi Quand se sont meles nos visages. Tu ne te souviendras pas. Nous etions la, emerveilles. J'ai glisse un peu contre toi. Contre toi, tu m'as entrainee. Tu ne te souviendras pas De nos corps couches sur le sol. Les corps s'enfoncent comme les pas Dans le sable ou le vent les vole. Tu ne te souviendras pas. Doucement, la nuit s'est penchee, Trainant dans son manteau de soie Des morceaux de ciel etoile. L'amour nous menait en voyage. Longtemps, nous avons navigue. La mer se cognait au rivage. Dans tes yeux, je me suis noyee. L'amour nous menait en voyage. On s'est aime, on s'est aime. Qu'il fut merveilleux, le naufrage Quand, dans tes bras, j'ai chavire. Passent les jours, file le temps, S'egrenent les calendriers, Brule l'ete, soufflent les vents. Moi, je ne peux rien oublier. J'attends sur la plage deserte Et je vis le creux du passe. Je laisse ma porte entrouverte. Reviens, nous pourrons la fermer. Tu ne te souviendras pas De cette nuit ou l'on s'aimait, Toutes les nuits, cahin-caha, S'effeuillent au calendrier. |
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| from Barbara - Barbara Chante G. Brassens Et J. Brel [project] (1992) | |||||
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from Barbara - La Chanteuse De Minuit (2003)
C'est moi que je suis la Joconde.
Je suis connue par le monde. Au Louvre ou la foule abonde Pour me voir, on fait la ronde Et moi, faut que je me morfonde, La Joconde, La Joconde. C'est moi que je suis la Joconde. Leonard me crut gironde. Va quand Leonard vagabonde Mais que voulez-vous Qu'on reponde ? C'est vrai, j'suis pas trop immonde, La Joconde, La Joconde. C'est moi que je suis la Joconde. Que de mots vains on m'inonde. Critiques, artistes abondent En intarissables facondes. Plusieurs milliers par seconde Disent: "La Joconde ! Ah ! La Joconde. Venez voir le sourire de la Joconde. C'est le plus beau du monde, La Joconde." C'est moi que je suis la Joconde. Mon sourire vient d'outre-tombe. Attendez que le vernis tombe. Attendez la fin du monde Et je sourirai sous les bombes, La Joconde, La Joconde, Et je sourirai sous les bombes, La Joconde, La Joconde |
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from Barbara - La Chanteuse De Minuit (2003)
Bien qu'il possede une femme charmante,
L'ami Durand est un coureur. V'la t'y pas qu'il reluque sa servante Et qu'il la reluque en amateur. Il lui murmure : " Dites donc, ma fille : Entre nous, vous etes fort gentille Et votre personne, crenom d'un chien, Au naturel doit etre tres bien. - Ah ! Monsieur, ", repond la petite bonne, " Ce que vous m'dites n'a rien qui m'etonne Car ", fit-elle d'un air etourdi, " Tous les amis de Monsieur me l'ont deja dit. " Durand, de plus en plus, s'emballe. A la petite bonne, il fait la cour Et, pour decrocher la timbale, Il lui jure toute une vie d'amour. " Voyons, ne fais pas la degoutee. Au contraire, tu devrais etre flattee. Dans la chambre, je monterai sans bruit. Laisse donc ta porte ouverte, cette nuit. " - Ah ! Monsieur, ", repond la petite bonne, " Ce que vous m'dites n'a rien qui m'etonne. Parait que je possede un bon lit. Tous les amis de Monsieur me l'ont deja dit. " Au rendez-vous, elle fut fidele, Mais comme elle hesitait un peu, Durand s'excita de plus belle, Avait la tete et le c?ur en feu. Voyant qu'elle retirait sa chemise En devenant rouge comme une cherise, Il s'ecria, tout folichon : " Je n'ai jamais vu d'aussi beaux... - Ah ! Monsieur, ", repond la petite bonne, " Ce que vous m'dites n'a rien qui m'etonne. Je comprends que vous soyez ebahi. Tous les amis de Monsieur me l'ont deja dit. " Comme Durand a de la galette Et qu'il n'est pas vilain garcon, Elle fit pas longtemps la coquette Et ceda sans faire de facons. Ici des points pour la censure Puis il s'ecria : " Je t'assure : Je te trouve exquise, c'est merveilleux Et que ma femme tu t'y prends bien mieux. " - Ah ! Monsieur, ", repond la petite bonne, " Ce que vous m'dites n'a rien qui m'etonne, Que je m'y prends mieux que Madame, pardi : Tous les amis de Monsieur me l'ont deja dit. " |
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from Barbara - La Chanteuse De Minuit (2003)
Mon mari est mort a la guerre.
Je venais d'avoir 18 ans. Je fus a lui seul toute entiere, De son vivant Mais le jour de la fete, On me conte fleurette. Peut-etre qu'on aurait pas pu Si je n'avais pas tant bu. Comme j'etais couchee sur le ciment, On a pu facilement devenir mon amant. Si ca devait arriver, C'est que ca devait arriver. Tout dans la vie arrive a son heure. Il faut bien qu'on vive. Il faut bien qu'on boive. Il faut bien qu'on aime. Il faut bien qu'on meure. Mon amant est mort a la guerre. Je venais d'avoir 19 ans. Je fus a lui seul toute entiere De son vivant, Mais quand j'ai appris ca, Je ne sais ce qui se passe, Je ne sais quelle folie, Je ne sais quelle furie : En un jour, je pris 3 amants Et puis encore autant Dans le meme laps du temps. Si ca devait arriver, C'est que ca devait arriver. Tout dans la vie arrive a son heure. Il faut bien qu'on vive. Il faut bien qu'on boive. Il faut bien qu'on aime. Il faut bien qu'on meure. Tous les six sont morts a la guerre, A la guerre que font mes amants. Bientot, chez nous, y aura plus guere D'hommes vivants Mais quand un seul restera, J'epouserai celui-la. On sera enfin tranquille Jusqu'au jour ou nos filles En seront aussi au moment De prendre des amants Comme leur pauvre maman. Si ca doit arriver, C'est que ca doit arriver. Tout dans la vie arrive a son heure. Il faut bien qu'on vive. Il faut bien qu'on boive. Il faut bien qu'on aime. Il faut bien qu'on meure. Il faut bien qu'on vive. Il faut bien qu'on boive. Il faut bien qu'on aime. Il faut bien qu'on meure |
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Ah les voyages
Aux rivages lointains,aux reves incertains Que c'est beau les voyages Qui effacent au loin nos larmes et nos chagrins Mon Dieu,ah les voyages Comme vous futes sages De nous donner ces images Car les voyages C'est la vie que l'on fait, le destin qu'on refait Que c'est beau les voyages Et le monde nouveau qui s'ouvre a nos cerveaux Nous fait voir autrement Et nous chante comment La vie vaut bien le coup, malgre tout Ah jeunes gens Sachez bien profiter de vos 20 ans Le monde est la Ne craignez rien, il n'est pas mechant Il vous guidera Les voyages Qui murissent nos coeurs, qui nous ouvrent au bonheur Mais que c'est beau les voyages Et lorsque l'on retourne chez soi Rien n'est comme autrefois Car nos yeux ont change, et nous sommes etonnes De voir comme nos soucis etaient simples et petits Car les voyages... tournent une page Ah les voyages |
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La belle amour, avec un A
Grand comme Paris, Toi, t'en as pas. Tu m'en promets, Tu m'en promets Qui moi, j'attends dans tes quinquets De voir s'allumer le grand reflet D' la belle amour dont je revais, D' la belle amour dont tu causais. Quand t'avais pas c'que tu voulais, La belle amour au fond des yeux, Ca vous tapisse le c?ur en bleu, La belle amour, a meme la peau, Quand il fait froid, ca vous tient chaud. La belle amour a en mourir, Ca ressemble un peu a un sourire. C'est tellement joli quand c'est vrai, La belle amour, La vraie de vrai. Il n't'est jamais venu a l'idee Qu'on aurait pu vraiment s'aimer Avec du soleil a pleins bras Et puis des rires a c?ur joie ? C'etait pourtant pas bien malin. Dis : t'avais qu'a me tenir par la main. Alors, on aurait pu se payer La belle amour a en crever. Si tu savais comme, Bien souvent, J'ai pense a foutre le camp Pour aller chercher cet amour Qui hantait mes nuits et mes jours Et puis je me suis fait une raison. J'ai balance mes illusions. La belle amour avec un A Grand comme Paris, J'en n'aurais pas |
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En notre tour de Babel, laquelle est la plus belle
La plus aimable parmi les femmes de vos amis? Laquelle est votre vraie nounou, la p'tite sœur des pauvres de vous Dans le guignon toujours presente, quelle est cette fee bienfaisante? C'est pas la femme de Bertrand, pas la femme de Gontrand Pas la femme de Pamphile, c'est pas la femme de Firmin Pas la femme de Germain, ni celle de Benjamin C'est pas la femme d'Honore, ni celle de Desire Ni celle de Theophile, encore moins la femme de Nestor Non, c'est la femme d'Hector. Et quand on vous prend la main sacre bon dieu dans un sac Et qu'on vous envoie planter des choux a la Sante Quelle est celle qui, prenant modele sur les vertus des chiens fideles Reste a l'arret devant la porte en attendant qu'on vous en sorte? C'est pas la femme de Bertrand, pas la femme de Gontrand Pas la femme de Pamphile, c'est pas la femme de Firmin Pas la femme de Germain, ni celle de Benjamin C'est pas la femme d'Honore, ni celle de Desire Ni celle de Theophile, encore moins la femme de Nestor Non, c'est la femme d'Hector. Et quand l'un d'entre vous meurt, qu'on vous met en demeure De debarrasser l'hotel de ses restes mortels Quelle est celle qui r'mue tout Paris pour qu'on lui fasse, au plus bas prix Des funerailles gigantesques, pas nationales, non, mais presque? C'est pas la femme de Bertrand, pas la femme de Gontrand Pas la femme de Pamphile, c'est pas la femme de Firmin Pas la femme de Germain, ni celle de Benjamin C'est pas la femme d'Honore, ni celle de Desire Ni celle de Theophile, encore moins la femme de Nestor Non, c'est la femme d'Hector. Et quand vient le mois de mai, le joli temps d'aimer Que sans echo, dans les cours, vous hurlez a l'amour Quelle est celle qui vous plaint beaucoup Quelle est celle qui vous saute au cou Qui vous dispense sa tendresse toutes ses economies de caresses? C'est pas la femme de Bertrand, pas la femme de Gontrand Pas la femme de Pamphile, c'est pas la femme de Firmin Pas la femme de Germain, ni celle de Benjamin C'est pas la femme d'Honore, ni celle de Desire Ni celle de Theophile, encore moins la femme de Nestor Non, c'est la femme d'Hector. Ne jetez pas les morceaux de vos cœurs aux pourceaux Perdez pas votre latin au profit des pantins Chantez pas la langue des dieux pour les balourds, les fesse-Mathieu Les paltoquets, ni les bobeches, les foutriquets, ni les pimbeches Ni pour la femme de Bertrand, pur la femme de Gontrand Pour la femme de Pamphile, ni pour la femme de Firmin Pour la femme de Germain, ni celle de Benjamin Ni pour la femme d'Honore, ni celle de Desire Ni celle de Theophile, encore moins pour la femme de Nestor Mais pour la femme d'Hector. |
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Quand les ans t'auront courbee,
Tes amis abandonnee, Que les serments, les chimeres T'auront seule ainsi laissee, Souviens-toi du temps passe, De nos vingt ans, de ma priere. Viens-t'en. La lune eclaire Toutes les primeveres Si lourdes de rosee. De toutes nos nuits belles, Un bouquet d'immortelles, Nous feront, mon aimee. Quand reviennent les saisons, Les lilas et les moissons, Dans ta solitude bleme, Souviens-toi de nos beaux jours, Nos jeux, nos ris, nos amours. On ne dit qu'une fois "je t'aime". Viens-t'en. La lune eclaire Toutes les primeveres Si lourdes de rosee. De toutes nos nuits belles, Un bouquet d'immortelles, Nous feront, mon aimee. Ou es-tu en ce moment, Partageant le meme tourment D'une vie par nous gachee ? Riche et laide suis devenue Et toi meme n'as pas voulu Tant de larmes epanchees. Dis moi que tu as songe, En ce monde desole Au souvenir d'une image, Cailloux blancs et cailloux noirs. Oh dis moi qu'un fol esppoir Te fit chercher mon visage. Viens-t'en. La lune eclaire Toutes les primeveres Si lourdes de rosee. De toutes nos nuits belles, Un bouquet d'immortelles, Nous feront, mon aimee. Ma chanson n'a pas de fin. Si tu n'me tends pas la main Du plus profond de la terre, Mon amour cherchant le tien, Ton pardon trouvant le mien. Entendons cette priere. Mais reviens. La lune eclaire Toutes les primeveres Si lourdes de rosee. De toutes nos nuits belles, Un bouquet d'immortelles, Nous feront, mon aimee. |
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Derriere la salete
S'etalant devant nous Derriere les yeux plisses Et les visages mous Au-dela de ces mains Ouvertes ou fermees Qui se tendent en vain Ou qui sont poing leve Plus loin que les frontieres Qui sont de barbeles Plus loin que la misere Il nous faut regarder Il nous faut regarder Ce qu'il y a de beau Le ciel gris ou bleute Les filles au bord de l'eau {x2} L'ami qu'on sait fidele Le soleil de demain Le vol d'une hirondelle Le bateau qui revient Par-dela le concert Des sanglots et des pleurs Et des cris de colere Des hommes qui ont peur Par-dela le vacarme Des rues et des chantiers Des sirenes d'alarme Des jurons de charretier Plus fort que les enfants Qui racontent les guerres Et plus fort que les grands Qui nous les ont fait faire Il nous faut ecouter L'oiseau au fond des bois Le murmure de l'ete Le sang qui monte en soi {x2} Les berceuses des meres Les prieres des enfants Et le bruit de la terre Qui s'endort doucement. |
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Bien qu'il possede une femme charmante,
L'ami Durand est un coureur. V'la t'y pas qu'il reluque sa servante Et qu'il la reluque en amateur. Il lui murmure : " Dites donc, ma fille : Entre nous, vous etes fort gentille Et votre personne, crenom d'un chien, Au naturel doit etre tres bien. - Ah ! Monsieur, ", repond la petite bonne, " Ce que vous m'dites n'a rien qui m'etonne Car ", fit-elle d'un air etourdi, " Tous les amis de Monsieur me l'ont deja dit. " Durand, de plus en plus, s'emballe. A la petite bonne, il fait la cour Et, pour decrocher la timbale, Il lui jure toute une vie d'amour. " Voyons, ne fais pas la degoutee. Au contraire, tu devrais etre flattee. Dans la chambre, je monterai sans bruit. Laisse donc ta porte ouverte, cette nuit. " - Ah ! Monsieur, ", repond la petite bonne, " Ce que vous m'dites n'a rien qui m'etonne. Parait que je possede un bon lit. Tous les amis de Monsieur me l'ont deja dit. " Au rendez-vous, elle fut fidele, Mais comme elle hesitait un peu, Durand s'excita de plus belle, Avait la tete et le c?ur en feu. Voyant qu'elle retirait sa chemise En devenant rouge comme une cherise, Il s'ecria, tout folichon : " Je n'ai jamais vu d'aussi beaux... - Ah ! Monsieur, ", repond la petite bonne, " Ce que vous m'dites n'a rien qui m'etonne. Je comprends que vous soyez ebahi. Tous les amis de Monsieur me l'ont deja dit. " Comme Durand a de la galette Et qu'il n'est pas vilain garcon, Elle fit pas longtemps la coquette Et ceda sans faire de facons. Ici des points pour la censure Puis il s'ecria : " Je t'assure : Je te trouve exquise, c'est merveilleux Et que ma femme tu t'y prends bien mieux. " - Ah ! Monsieur, ", repond la petite bonne, " Ce que vous m'dites n'a rien qui m'etonne, Que je m'y prends mieux que Madame, pardi : Tous les amis de Monsieur me l'ont deja dit. " |
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La belle amour, avec un A
Grand comme Paris, Toi, t'en as pas. Tu m'en promets, Tu m'en promets Qui moi, j'attends dans tes quinquets De voir s'allumer le grand reflet D' la belle amour dont je revais, D' la belle amour dont tu causais. Quand t'avais pas c'que tu voulais, La belle amour au fond des yeux, Ca vous tapisse le c?ur en bleu, La belle amour, a meme la peau, Quand il fait froid, ca vous tient chaud. La belle amour a en mourir, Ca ressemble un peu a un sourire. C'est tellement joli quand c'est vrai, La belle amour, La vraie de vrai. Il n't'est jamais venu a l'idee Qu'on aurait pu vraiment s'aimer Avec du soleil a pleins bras Et puis des rires a c?ur joie ? C'etait pourtant pas bien malin. Dis : t'avais qu'a me tenir par la main. Alors, on aurait pu se payer La belle amour a en crever. Si tu savais comme, Bien souvent, J'ai pense a foutre le camp Pour aller chercher cet amour Qui hantait mes nuits et mes jours Et puis je me suis fait une raison. J'ai balance mes illusions. La belle amour avec un A Grand comme Paris, J'en n'aurais pas |
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C'est moi que je suis la Joconde.
Je suis connue par le monde. Au Louvre ou la foule abonde Pour me voir, on fait la ronde Et moi, faut que je me morfonde, La Joconde, La Joconde. C'est moi que je suis la Joconde. Leonard me crut gironde. Va quand Leonard vagabonde Mais que voulez-vous Qu'on reponde ? C'est vrai, j'suis pas trop immonde, La Joconde, La Joconde. C'est moi que je suis la Joconde. Que de mots vains on m'inonde. Critiques, artistes abondent En intarissables facondes. Plusieurs milliers par seconde Disent: "La Joconde ! Ah ! La Joconde. Venez voir le sourire de la Joconde. C'est le plus beau du monde, La Joconde." C'est moi que je suis la Joconde. Mon sourire vient d'outre-tombe. Attendez que le vernis tombe. Attendez la fin du monde Et je sourirai sous les bombes, La Joconde, La Joconde, Et je sourirai sous les bombes, La Joconde, La Joconde |
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Touche pas mon piano,
Touche pas mes remparts, Touche pas mes lunettes, Touche pas mon regard, Touche pas ma roulotte, Touche pas mes departs, Ni mes chemins de hasard. J'vis ma vie En piano noir, Toute en stras Dans mon miroir. Je suis une chanteuse De boulevard. Touche pas mes silences, Touche pas mes errances. Je navigue en solitaire. Je vis mes delires Interplanetaires, Tout la-haut Dans la lumiere. J'suis d'accord Pour que tout change, Mais j'aime pas trop Qu'on me derange. J'manque de rien. J'ai tout. J'veux rien. Ils ont dit Peccable. Ont touche a rien De mon univers. Ils ont dit Peccable, Sont partis plus loin. Rien a dire. Faut savoir C'que vouloir. Faut ecouter Ses battements de c?ur. Du temps, Qu'il est encore temps, Faut pas venir pleurer apres Sur le bord d'un canape. Il a touche mon piano, Il a change mon regard, Il a diamante ma vie. Je parlais avec les anges. J'aurais voulu Que tout change. C'est beau, L'amour qui derange Mais, au ciel de ma memoire, Me revenait tous les soirs L'ombre de mon piano noir. Il a dit Peccable, Je vais toucher a rien De ton univers. Vis ta vie En piano noir, Mon c?ur de lumiere, Le grand amour. Si tu veux que tout change, C'est sur, ca derange. Faut pas venir pleurer apres, Ton mouchoir au bout du quai. Depuis j'continue. C'est tant pis. Tant mieux. J'ai pas vu passer ma vie. L'usure, La morsure du temps Et c'est la fin de mes printemps Mais j'aime la vie De theatres en theatres. J'allume mes nuits, Belles mes nuits Quand j'avance Dans la lumiere, Derriere mon piano, Derriere mes remparts, Derriere mes lunettes, Derriere mon regard, Seule dans ma roulotte. Faut savoir C'que vouloir. Sur mes chemins De hasard, Je chante ma vie En piano noir, Toute en strass Dans mon miroir Je suis une chanteuse De boulevard |
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from Barbara - Femme Piano (2004)
Tu me fais des nuits et des jours
Et des jours et des nuits d'amour. Toi, je le sais, tu pourrais meme M'ensoleiller sous la pluie meme. Avant toi, d'autres sont venus Que je n'ai jamais reconnus. Pour toi, je ne suis pas la meme. Toi, ce n'est pas pareil, je t'aime, Je t'aime. Tu me fais des nuits et des jours Et des jours et des nuits d'amour. Tu me fais la mer et les dunes Et des plages au clair de la lune. Avec ta gueule de Jesus, Tu es venu, oh bien venu Et tu m'as griffee, en douceur, La, juste a la pointe du c?ur, A la pointe du c?ur. Tu me fais des nuits et des jours Et des jours et des nuits d'amour Et dans tes bras, je fais naufrage Sans meme quitter le rivage. J'ai beau connaitre mon affaire Du boy scout jusqu'au legionnaire, Devant toi, j'etais vraiment nue, Le jour ou tu m'as devetue. Tu m'as faite, au premier matin, Timide et vierge, vierge et catin. Pour toi, je ne suis plus la meme. Toi, ce n'est pas pareil, je t'aime... |
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from Barbara - Femme Piano (2004)
J'ai eu tort, je suis revenue
dans cette ville loin perdue ou j'avais passe mon enfance. J'ai eu tort, j'ai voulu revoir le coteau ou glissaient le soir bleus et gris ombres de silence. Et je retrouvais comme avant, longtemps apres, le coteau, l'arbre se dressant, comme au passe. J'ai marche les tempes brulantes, croyant etouffer sous mes pas. Les voies du passe qui nous hantent et reviennent sonner le glas. Et je me suis couchee sous l'arbre et c'etaient les memes odeurs. Et j'ai laisse couler mes pleurs, mes pleurs. J'ai mis mon dos nu a l'ecorce, l'arbre m'a redonne des forces tout comme au temps de mon enfance. Et longtemps j'ai ferme les yeux, je crois que j'ai prie un peu, je retrouvais mon innocence. Avant que le soir ne se pose j'ai voulu voir les maisons fleuries sous les roses, j'ai voulu voir le jardin ou nos cris d'enfants jaillissaient comme source claire. Jean-Claude, Regine, et puis Jean - tout redevenait comme hier - le parfum lourd des sauges rouges, les dahlias fauves dans l'allee, le puits, tout, j'ai tout retrouve. Helas La guerre nous avait jete la, d'autres furent moins heureux, je crois, au temps joli de leur enfance. La guerre nous avait jetes la, nous vivions comme hors la loi. Et j'aimais cela. Quand j'y pense ou mes printemps, ou mes soleils, ou mes folles annees perdues, ou mes quinze ans, ou mes merveilles - que j'ai mal d'etre revenue - ou les noix fraiches de septembre et l'odeur des mures ecrasees, c'est fou, tout, j'ai tout retrouve. Helas Il ne faut jamais revenir aux temps caches des souvenirs du temps beni de son enfance. Car parmi tous les souvenirs ceux de l'enfance sont les pires, ceux de l'enfance nous dechirent. Oh ma tres cherie, oh ma mere, ou etes-vous donc aujourd'hui? Vous dormez au chaud de la terre. Et moi je suis venue ici pour y retrouver votre rire, vos coleres et votre jeunesse. Et je suis seule avec ma detresse. Helas Pourquoi suis-je donc revenue et seule au detour de ces rues? J'ai froid, j'ai peur, le soir se penche. Pourquoi suis-je venue ici, ou mon passe me crucifie? Elle dort a jamais mon enfance |
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from Barbara - Femme Piano (2004)
C'est parce que ton epaule a mon epaule,
Ta bouche a mes cheveux, Et ta main sur mon cou, C'est parce que dans mes reins, Quand ton souffle me frole, C'est parce que tes mains, C'est parce que joue a joue, C'est parce qu'au matin, C'est parce qu'a la nuit, Quand tu dis "viens", je viens, Tu souris, je souris, C'est parce qu'ici ou la, Dans un autre pays, Pourvu que tu y sois, C'est aussi mon pays, C'est parce que je t'aime, Que je prefere m'en aller, Car il faut savoir se quitter, Avant que ne meure le temps d'aimer, C'est parce que j'ai peur de voir s'endeuiller, Les minutes, les heures, les secondes passees, C'est parce que je sais qu'il faut un presque rien, Pour defaire une nuit et se perdre au matin, Je ne laisserai pas pencher sur notre lit, Ni l'ombre d'un regret, ni l'ombre d'un ennui, Je ne laisserai pas mourir au fils de jours, Ce qui fut toi et moi, ce qui fut notre amour, Il ne sera jamais emporte par le temps, Je l'emporte moi-meme, il restera vivant, Oh laisse-moi, oui je t'aime, Mais je prefere m'en aller, Car il faut savoir se quitter, Avant que ne meure le temps d'aimer, J'en ai vu, comme nous, qui allaient a pas lents, Et portaient leur amour comme on porte un enfant, J'en ai vu, comme nous, qui allaient a pas lents, Et tombaient a genoux, dans le soir finissant, Je les ai retrouves, furieux et combattants, Comme deux loups blesses, que sont-ils maintenant, Ca je ne veux pas, je t'aime, Je ne veux pas nous dechirer, C'est mieux, crois-moi, de nous quitter, Avant que ne meure le temps d'aimer, C'est mieux, bien mieux, de nous quitter, Avant que ne meure le temps d'aimer... |
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from Barbara - Femme Piano (2004)
Allez savoir pourquoi, au piano, ce jour-la,
Y avait une musique sur le bout de mes doigts, Une musique. Allez savoir pourquoi, les pianos jouent parfois De droles de musiques sur le bout de nos doigts. Allez savoir, pourquoi. Dans le salon vieil or ou j'aime travailler Tout en regardant vivre mes objets familiers, Je jouais, jouais Pendant que, sur mon mur, dansait la Loie Fuller, Sous l'?il enamoure et l'air patibulaire De Fragson, Fragson. Allez savoir pourquoi, il existe des nuits Ou, sous un ciel de soie, des papillons de nuit Volent, multicolores. Allez savoir pourquoi, mais c'etait une nuit Ou, seule a mon piano, j'etais au paradis Quand tout a coup, venu de ta planete, Le telephone sonne sur mon ile deserte Et c'etait toi, o toi. Allo, allo, mon c?ur, me murmurait ta voix. Je n'etais pas ton c?ur et c'etait une erreur Mais, je n'ai pas raccroche Et tu n'as pas raccroche Et si je n'ai jamais su qui tu cherchais, J'ai tout de meme compris que l'on s'etait trouves Et, depuis ce jour-la ou tu l'as decouverte, Tu es le Robinson de mon ile deserte, Tu es le Robinson de mon ile deserte Parce qu'un jour, un piano, allez savoir pourquoi, Jouait une musique sur le bout de mes doigts, Une musique, Parce qu'un jour, un piano, Un piano, un piano... |
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from Barbara - Femme Piano (2004)
Quand ceux qui vont, s'en vont aller,
Quand le dernier jour s'est leve Dans la lumiere blonde, Quand ceux qui vont, s'en vont aller, Pour toujours et a tout jamais Sous la terre profonde, Quand la lumiere s'est voilee, Quand ceux que nous avons aimes Vont fermer leur paupieres, Si rien ne leur est epargne, Oh, que du moins soit exaucee Leur derniere priere : Qu'ils dorment, s'endorment Tranquilles, tranquilles. Qu'ils ne meurent pas au fusil, En expirant deja la vie Qu'a peine, ils allaient vivre, Qu'ils ne gemissent pas leurs cris, Seuls, rejetes ou incompris, Eloignes de leurs freres, Qu'ils ne meurent pas en troupeau Ou bien poignardes dans le dos Ou qu'ils ne s'acheminent En un long troupeau de la mort, Sans ciel, sans arbre et sans decor, Le feu a la poitrine. Eux qui n'avaient rien demande Mais qui savaient s'emerveiller D'etre venus sur terre, Qu'on leur laisse choisir, au moins, Le pays, fut-il lointain, De leur heure derniere. Qu'ils aillent donc coucher leurs corps Dessous les ciels pourpres et or Au-dela des frontieres Ou qu'ils s'endorment, enlaces, Comme d'eternels fiances Dans la blonde lumiere. Quand ceux qui vont s'en vont aller Pour toujours et a tout jamais Au jardin du silence Sous leur froide maison de marbre Dans les grandes allees sans arbre, Je pense a vous, ma mere. Qu'ils aient, pour dernier souvenir, La chaleur de notre sourire Comme etreinte derniere. Peut-etre qu'ils dormiront mieux Si nous pouvons fermer leurs yeux. Je pense a vous, ma mere. Qu'ils dorment, s'endorment Tranquilles, tranquilles... |
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from Barbara - Femme Piano (2004)
Y a un arbre, je m'y colle,
Dans le petit bois de Saint-Amand, Je t'attrape, tu t'y colles, Je me cache, a toi maintenant, Y a un arbre, pigeon vole, Dans le petit bois de Saint-Amand, Ou tournent nos rondes folles, Pigeon vole, vole, vole au vent, Dessus l'arbre, oiseau vole, Et s'envole, voila le printemps, Y a nos quinze ans qui s'affolent, Dans le petit bois de Saint-Amand, Et sous l'arbre, sans paroles, Tu me berces amoureusement, Et dans l'herbe, jupon vole, Et s'envolent nos reves d'enfants, Mais un beau jour, tete folle, Loin du petit bois de Saint-Amand, Et loin du temps de l'ecole, Je suis partie, vole, vole au vent, Bonjour l'arbre, mon bel arbre, Je reviens, j'ai le c?ur content, Sous tes branches qui se penchent, Je retrouve mes reves d'enfant, Y a un arbre, si je meurs, Je veux qu'on m'y couche doucement, Qu'il soit ma derniere demeure, Dans le petit bois de Saint-Amand, Qu'il soit ma derniere demeure, Dans le petit bois de Saint-A... Y a un arbre, pigeon vole, Mon c?ur vole, Pigeon vole et s'envole, Y a un arbre, pigeon vole... |
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from Barbara - Femme Piano (2004)
J'ai le souvenir d'une nuit,
Une nuit de mon enfance Toute pareille a celle-ci, Une longue nuit de silence. Moi qui ne me souviens jamais Du passe qui m'importune, C'est drole, j'ai garde le secret De cette longue nuit sans lune. J'ai le souvenir d'une nuit, D'une nuit de mon enfance, Toute pareille a celle-ci, Une longue nuit de silence. Soudain, je me suis reveillee. Il y avait une presence. Soudain, je me suis reveillee Dans une demi somnolence. C'etait au dehors. On parlait, A voix basse, comme un murmure, Comme un sanglot etouffe, Au dehors, j' en etais sure. J' ai le souvenir d'une nuit, D'une nuit de mon enfance Toute pareille a celle-ci, Une longue nuit de silence. J'allais, a demi eveillee, Guidee par l'etrange murmure. J'allais, a demi eveillee, Suivant une allee obscure. Il y eut, je me le rapelle, Surgissant de l'allee obscure, Il y eut un bruissement d'ailes La, tout contre ma figure. C'etait au c?ur de la nuit. C'etait une foret profonde. C'etait la, comme cette nuit, Un bruit sourd venant d'outre-tombe. Qui es-tu pour me revenir ? Quel est donc le mal qui t'enchaine ? Qui es-tu pour me revenir Et veux-tu que, vers toi, je vienne ? S' il le faut, j'irais encore Tant et tant de nuits profondes, Sans jamais revoir l'aurore, Sans jamais revoir le monde Pour qu'enfin tu puisses dormir, Pour qu'enfin ton c?ur se repose, Que tu finisses de mourir Sous tes paupieres deja closes. J'ai le souvenir d'une nuit, Une nuit de mon enfance, Toute pareille a celle-ci Froide et lourde de silence... |
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from Barbara - Femme Piano (2004)
Si je t'ecris ce soir de Vienne,
J'aimerais bien que tu comprennes Que j'ai choisi l'absence Comme derniere chance. Notre ciel devenait si lourd Si je t'ecris ce soir de Vienne Que c'est beau l'automne a Vienne C'est que, sans reflechir, J'ai prefere partir Et je suis a Vienne sans toi. Je marche, je reve dans Vienne Sur trois temps de valse lointaine. Il semble que les ombres Tournent et se confondent. Qu'ils etaient beaux les soirs de Vienne. Ta lettre a du croiser la mienne. Non, je ne veux pas que tu viennes. Je suis seul Et j'aime etre libre. Que j'aime cet exil a Vienne sans toi. Une vieille dame autrichienne Comme il n'en existe qu'a Vienne Me logeait dans ma chambre Tombent de pourpre et d'ambre De lourdes tentures de soies C'est beau a travers les persiennes Je vois l'eglise Saint-Etienne Et quand le soir se pose Ses bleus, ses gris, ses mauves Et la nuit par dessus les toits C'est beau Vienne, c'est beau Vienne Cela va faire une semaine, Deja, que je suis seul a Vienne. C'est curieux le hasard : J'ai croise l'autre soir Nos amis de Lontaccini. Cela va faire une semaine. Ils etaient de passage a Vienne. Ils n'ont rien demande Mais se sont etonnes De me voir a Vienne sans toi. Moi, moi, je me promene. Je suis bien, je suis bien. Et puis, de semaine en semaine, Voila que je suis seul a Vienne. Tes lettres se font rares. Peut etre qu'autre part, Tu as trouve l'oubli de moi. Je lis et j'ecris mais, quand meme, Ce qu'il est long l'automne a Vienne. Dans ce lit a deux places Ou, la nuit, je me glace, Tout a coup, j'ai le mal de toi. Que c'est long Vienne, que c'est loin Vienne. Si je t'ecris ce soir de Vienne, Tu sais, c'est qu'il faut que tu viennes. J'etais parti. Pardonne moi. Notre ciel devenait si lourd Et toi, de Paris jusqu'a Vienne, Au bout d'une invisible chaine, Tu me guettes et je pense, Jouant l'indifference, Tu m'as garde malgre moi. Il est minuit ce soir a Vienne. Mon Amour, il faut que tu viennes. Tu vois, je m'abandonne. Il est si beau l'automne Et j'aimerais le vivre avec toi. C'est beau Vienne, avec toi Vienne |
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from Barbara - Femme Piano (2004)
Pour ne plus, jamais plus, vous parler de la pluie,
Plus jamais du ciel lourd, jamais des matins gris, Je suis sortie des brumes et je me suis enfuie, Sous des ciels plus legers, pays de paradis, Oh, que j'aurais voulu vous ramener ce soir, Des mers en furie, des musiques barbares, Des chants heureux, des rires qui resonnent bizarres, Et vous feraient le bruit d'un heureux tintamarre, Des coquillages blancs et des cailloux sales, Qui roulent sous les vagues, mille fois ramenes, Des rouges eclatants, des soleils eclates, Dont le feu brulerait d'eternels etes, Mais j'ai tout essaye, J'ai fait semblant de croire, Et je reviens de loin, Et mon soleil est noir, Mais j'ai tout essaye, Et vous pouvez me croire, Je reviens fatiguee, Et j'ai le desespoir, Legere, si legere, j'allais court vetue, Je faisais mon affaire du premier venu, Et c'etait le repos, l'heure de nonchalance, A bouche que veux-tu, et j'entrais dans la danse, J'ai appris le banjo sur des airs de guitare, J'ai frissonne du dos, j'ai oublie Mozart, Enfin j'allais pouvoir enfin vous revenir, Avec l'?il alangui, vague de souvenirs, Et j'etais l'ouragan et la rage de vivre, Et j'etais le torrent et la force de vivre, J'ai aime, j'ai brule, rattrape mon retard, Que la vie etait belle et folle mon histoire, Mais la terre s'est ouverte, La-bas, quelque part, Mais la terre s'est ouverte, Et le soleil est noir, Des hommes sont mures, Tout la-bas, quelque part, Les hommes sont mures, Et c'est le desespoir, J'ai conjure le sort, j'ai recherche l'oubli, J'ai refuse la mort, j'ai rejete l'ennui, Et j'ai serre les poings pour m'ordonner de croire, Que la vie etait belle, fascinant le hasard, Qui me menait ici, ailleurs ou autre part, Ou la fleur etait rouge, ou le sable etait blond, Ou le bruit de la mer etait une chanson, Oui, le bruit de la mer etait une chanson, Mais un enfant est mort, La-bas, quelque part, Mais un enfant est mort, Et le soleil est noir, J'entends le glas qui sonne, Tout la-bas, quelque part, J'entends le glas sonner, Et c'est le desespoir, Je ne ramene rien, je suis ecartelee, Je vous reviens ce soir, le c?ur egratigne, Car, de les regarder, de les entendre vivre, Avec eux j'ai eu mal, avec aux j'etais ivre, Je ne ramene rien, je reviens solitaire, Du bout de ce voyage au-dela des frontieres, Est-il un coin de terre ou rien ne se dechire, Et que faut-il donc faire, pouvez-vous me le dire, S'il faut aller plus loin pour effacer vos larmes, Et si je pouvais, seule, faire taire les armes, Je jure que, demain, je reprends l'aventure, Pour que cessent a jamais toutes ces dechirures, Je veux bien essayer, Et je veux bien y croire, Mais je suis fatiguee, Et mon soleil est noir, Pardon de vous le dire, Mais je reviens ce soir, Le c?ur egratigne, Et j'ai le desespoir, Le c?ur egratigne, Et j'ai le desespoir... |
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A voir tant de gens qui dorment et s'endorment a la nuit,
Je finirai, c'est fatal, par pouvoir m'endormir aussi. A voir tant d'yeux qui se ferment, couches dans leur lit, Je finirai par comprendre qu'il faut que je m'endorme aussi. J'en ai connu des grands, des beaux, des bien batis, des gentils Qui venaient pour me bercer et combattre mes insomnies Mais au matin, je les retrouvais, endormis dans mon lit Pendant que je veillais seule, en combattant mes insomnies. A force de compter les moutons qui sautent dans mon lit, J'ai un immense troupeau qui se promene dans mes nuits. Qu'ils aillent brouter ailleurs, par exemple, dans vos prairies. Labourage et paturage ne sont pas mes travaux de nuit, Sans compter les absents qui me reviennent dans mes nuits. J'ai quelquefois des vivants qui me donnent des insomnies Et je gravis mon calvaire, sur les escaliers de la nuit. J'ai deja connu l'enfer, connaitrai-je le paradis ? Le paradis, ce serait, pour moi, de m'endormir la nuit Mais je reve que je reve qu'on a tue mes insomnies Et que, pales, en robe blanche, on les a couchees dans un lit A tant rever que j'en reve, les revoila, mes insomnies. Je rode comme les chats, je glisse comme les souris Et Dieu, lui-meme, ne sait pas ce que je peux faire de mes nuits. Mourir ou s'endormir, ce n'est pas du tout la meme chose. Pourtant, c'est pareillement se coucher les paupieres closes. Une longue nuit, ou je les avais tous deux confondus, Peu s'en fallut, au matin, que je ne me reveille plus. Mais au ciel de mon lit, y avait les pompiers de Paris. Au pied de mon lit, les adjudants de la gendarmerie. O Messieurs dites-moi, ce que vous faites la, je vous prie. Madame, nous sommes la pour veiller sur vos insomnies. En un cortege chagrin, viennent mes parents, mes amis. Gravement, au nom du Pere, du Fils et puis du Saint-Esprit, Si apres l'heure, c'est plus l'heure, avant, ce ne l'est pas non plus, Ce n'est pas l'heure en tout cas, mais grand merci d'etre venus. Je les vois deja rire de leurs fines plaisanteries, Ceux qui pretendent connaitre un remede a mes insomnies. Un medecin pour mes nuits, j'y avais pense, moi aussi. C'est contre lui que je couche mes plus belles insomnies. A voir tant de gens qui dorment et s'endorment a la nuit, J'aurais fini, c'est fatal, par pouvoir m'endormir aussi Mais si s'endormir c'est mourir, ah laissez-moi mes insomnies. J'aime mieux vivre en enfer que dormir en paradis. Si s'endormir c'est mourir, ah laissez-moi mes insomnies. J'aime mieux vivre en enfer que de mourir en paradis... |
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Il pleut,
Il pleut, Sur les jardins alanguis, Sur les roses de la nuit, Il pleut des larmes de pluie, Il pleut, Et j'entends le clapotis, Du bassin qui se remplit, Oh mon Dieu, que c'est joli, La pluie, Quand Pierre rentrera, Il faut que je lui dise, Que le toit de la remise, A fui, Il faut qu'il rentre du bois, Car il commence a faire froid, Ici, Oh, Pierre, Mon Pierre, Sur la campagne endormie, Le silence et puis un cri, Ce n'est rien, un oiseau de la nuit, Qui fuit, Que c'est beau cette penombre, Le ciel, le feu et l'ombre, Qui se glisse jusqu'a moi, Sans bruit, Une odeur de foin coupe, Monte de la terre mouillee, Une auto descend l'allee, C'est lui, Oh, Pierre, Pierre |
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Chaque fois qu'on parle d'amour,
C'est avec "jamais" et "toujours", "Viens, viens, je te fais le serment Qu'avant toi, y avait pas d'avant, Y avait pas d'ombre et pas de soleil. Le jour, la nuit c'etait pareil. Y avait pas au, creux de mes reins, Douce, la chaleur de tes mains.", A chaque fois, a chaque fois, Chaque fois qu'on parle d'amour. Chaque fois qu'on aime d'amour, C'est avec "jamais" et "toujours". On refait le meme chemin En ne se souvenant de rien Et l'on recommence, soumise, Florence et Naples, Naples et Venise. On se le dit, et on y croit, Que c'est pour la premiere fois, A chaque fois, a chaque fois, Chaque fois qu'on aime d'amour. Ah, pouvoir encore et toujours S'aimer et mentir d'amour Et, bien qu'on connaisse l'histoire, Pouvoir s'emerveiller d'y croire Et se refaire, pour pas une thune, Des clairs d'amour au clair de lune Et rester la, c'est merveilleux, A se rire du fond des yeux. Ah, pouvoir encore et toujours S'aimer et mentir d'amour. Ah redis-le, redis-le moi, Que je suis ta premiere fois. Viens, et fais-moi le serment Qu'avant moi, y avait pas d'avant, Y avait pas d'ombre et pas de soleil. Le jour, la nuit, c'etait pareil. Y avait pas, au creux de tes reins, Douce, la chaleur de mes mains. Ah redis-le, redis-le moi, Que je suis ta premiere fois. Ah, redis-le moi, je te crois. Je t'aime, c'est la premiere fois, Comme a chaque fois, Comme a chaque fois, Comme a chaque fois... |
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Je l'ai trouvee devant ma porte,
Un soir, que je rentrais chez moi. Partout, elle me fait escorte. Elle est revenue, elle est la, La renifleuse des amours mortes. Elle m'a suivie, pas a pas. La garce, que le Diable l'emporte ! Elle est revenue, elle est la Avec sa gueule de careme Avec ses larges yeux cernes, Elle nous fait le c?ur a la traine, Elle nous fait le c?ur a pleurer, Elle nous fait des mains blemes Et de longues nuits desolees. La garce ! Elle nous ferait meme L'hiver au plein c?ur de l'ete. Dans ta triste robe de moire Avec tes cheveux mal peignes, T'as la mine du desespoir, Tu n'es pas belle a regarder. Allez, va t-en porter ailleurs Ta triste gueule de l'ennui. Je n'ai pas le gout du malheur. Va t-en voir ailleurs si j'y suis ! Je veux encore rouler des hanches, Je veux me saouler de printemps, Je veux m'en payer, des nuits blanches, A c?ur qui bat, a c?ur battant. Avant que sonne l'heure bleme Et jusqu'a mon souffle dernier, Je veux encore dire "je t'aime" Et vouloir mourir d'aimer. Elle a dit : "Ouvre-moi ta porte. Je t'avais suivie pas a pas. Je sais que tes amours sont mortes. Je suis revenue, me voila. Ils t'ont recite leurs poemes, Tes beaux messieurs, tes beaux enfants, Tes faux Rimbaud, tes faux Verlaine. Eh ! bien, c'est fini, maintenant." Depuis, elle me fait des nuits blanches. Elle s'est pendue a mon cou, Elle s'est enroulee a mes genoux. Partout, elle me fait escorte Et elle me suit, pas a pas. Elle m'attend devant ma porte. Elle est revenue, elle est la, La solitude, la solitude... |
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M'ont tous connue, connue avant,
Ils s'en rappellent, Au temps de l'eau et du pain noir, Sans mirabelle. Ils ont tout partage : Leurs tartines beurrees, Ont couche dans leur lit Mes longues insomnies Et j'ai beau, j'ai beau chercher, En vain, j'appelle Mes souvenirs du temps passe, Mais infideles, Je n'ai pas souvenir, du moindre souvenir Du paysage De leur visage. Ils etaient beaucoup moins nombreux, Je m'en rappelle, Au temps de l'eau et du pain noir Sans mirabelle. Ils ne me devaient rien. Qu'ils ne regrettent rien Mais qu'ils ne viennent pas Raconter qu'autrefois, Ils m'ont, souvenez-vous, Bercee sur leurs genoux, Les ra, les ra, les rapaces, Les ra, les ra, les rapaces. Ils m'inventeraient, pour un peu, Quelle indecence, Les premiers mots, les premiers jeux De mon enfance. M'ont connue a Passy, M'ont connue en Baviere Ou bien tout simplement A la soupe populaire Et moi, pas vue, pas vue, pas pris, Conte, raconte, J'ai le sourire bien poli Des femmes du monde, Et moi, mais oui, mais oui Et moi, merci, merci, D'etre venue ce soir D'etre venus, bonsoir. Hier encore, ils festoyaient A d'autre tables. Demain, c'est chez toi qu'ils iront Se mettre a table, Ces amis inconnus, que je n'ai jamais vus Mais qu'ils ne viennent pas Se chauffer sous mon toit. Qu'ils aillent donc porter leurs jambes Et ronds de jambes. Qu'ils portent ailleurs leur savoir-faire, Leurs belles manieres. Sont vilains, sont pas beaux, sont ridicules, Bref, ils me font la tete comme une pendule. Oh, qu'ils ne viennent pas, je ne nourrirai pas Ces ra, ces ra, ces rapaces, Ces ra, ces ra, ces rapaces. A ceux qui m'ont connue avant Je suis fidele Au temps de l'eau et du pain noir Sans mirabelle. Ceux qui ont partage Leurs tartines beurrees Et couche dans leur lit Mes longues insomnies, Ceux-la, j'en ai le souvenir Dans ma memoire, Ceux-la peuvent me revenir. C'est sans histoire. Qu'ils viennent aujourd'hui, Peuvent paraitre. Ceux-la, je saurai bien Les reconnaitre, Les amis d'autrefois, Ceux la qui ne sont pas Des ra, des ra, des rapaces, Des ra, des ra, des rapaces... |
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Il pleut sur Nantes, donne-moi la main
Le ciel de Nantes rend mon cœur chagrin Un matin comme celui-la, il y a juste un an deja La ville avait ce teint blafard lorsque je sortis de la gare Nantes m'etait encore inconnue, je n'y etais jamais venue Il avait fallu ce message pour que je fasse le voyage "Madame soyez au rendez-vous, vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup Faites vite, il y a peu d'espoir, il a demande a vous voir." A l'heure de sa derniere heure, apres bien des annees d'errance Il me revenait en plein cœur, son cri dechirait le silence Depuis qu'il s'en etait alle, longtemps je l'avais espere Ce vagabond, ce disparu, voila qu'il m'etait revenu Vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup, je m'en souviens du rendez-vous Et j'ai grave dans ma memoire cette chambre au fond d'un couloir Assis pres d'une cheminee, j'ai vu quatre hommes se lever La lumiere etait froide et blanche, ils portaient l'habit du dimanche Je n'ai pas pose de questions a ces etranges compagnons J'ai rien dit, mais a leurs regards, j'ai compris qu'il etait trop tard Pourtant j'etais au rendez-vous, vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup Mais il ne m'a jamais revue, il avait deja disparu Voila, tu la connais l'histoire, il etait revenu un soir Et ce fut son dernier voyage, et ce fut son dernier rivage Il voulait avant de mourir se rechauffer a mon sourire Mais il mourut a la nuit meme sans un adieu, sans un "je t'aime" Au chemin qui longe la mer, couche dans le jardin des pierres Je veux que tranquille il repose, je l'ai couche dessous les roses Mon pere, mon pere Il pleut sur Nantes et je me souviens Le ciel de Nantes rend mon cœur chagrin. |
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Pour qui, comment quand et pourquoi ?
Contre qui ? Comment ? Contre quoi ? C'en est assez de vos violences. D'ou venez-vous ? Ou allez-vous ? Qui etes-vous ? Qui priez-vous ? Je vous prie de faire silence. Pour qui, comment, quand et pourquoi ? S'il faut absolument qu'on soit Contre quelqu'un ou quelque chose, Je suis pour le soleil couchant En haut des collines desertes. Je suis pour les forets profondes, Car un enfant qui pleure, Qu'il soit de n'importe ou, Est un enfant qui pleure, Car un enfant qui meurt Au bout de vos fusils Est un enfant qui meurt. Que c'est abominable d'avoir a choisir Entre deux innocences ! Que c'est abominable d'avoir pour ennemis Les rires de l'enfance ! Pour qui, comment, quand et combien ? Contre qui ? Comment et combien ? A en perdre le gout de vivre, Le gout de l'eau, le gout du pain Et celui du Perlimpinpin Dans le square des Batignolles ! Mais pour rien, mais pour presque rien, Pour etre avec vous et c'est bien ! Et pour une rose entr'ouverte, Et pour une respiration, Et pour un souffle d'abandon, Et pour ce jardin qui frissonne ! Rien avoir, mais passionnement, Ne rien se dire eperdument, Mais tout donner avec ivresse Et riche de depossession, N'avoir que sa verite, Posseder toutes les richesses, Ne pas parler de poesie, Ne pas parler de poesie En ecrasant les fleurs sauvages Et faire jouer la transparence Au fond d'une cour au murs gris Ou l'aube n'a jamais sa chance. Contre qui, comment, contre quoi ? Pour qui, comment, quand et pourquoi ? Pour retrouver le gout de vivre, Le gout de l'eau, le gout du pain Et celui du Perlimpinpin Dans le square des Batignolles. Contre personne et contre rien, Contre personne et contre rien, Mais pour toutes les fleurs ouvertes, Mais pour une respiration, Mais pour un souffle d'abandon Et pour ce jardin qui frissonne ! Et vivre passionnement, Et ne se battre seulement Qu'avec les feux de la tendresse Et, riche de depossession, N'avoir que sa verite, Posseder toutes les richesses, Ne plus parler de poesie, Ne plus parler de poesie Mais laisser vivre les fleurs sauvages Et faire jouer la transparence Au fond d'une cour aux murs gris Ou l'aube aurait enfin sa chance, Vivre, Vivre Avec tendresse, Vivre Et donner Avec ivresse ! |
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Attendez que ma joie revienne
Et que se meure le souvenir De cet amour de tant de peine Qui n'en finit pas de mourir. Avant de me dire je t'aime, Avant que je puisse vous le dire, Attendez que ma joie revienne, Qu'au matin je puisse sourire. Laissez-moi. Le chagrin m'emporte Et je vogue sur mon delire. Laissez-moi. Ouvrez cette porte. Laissez-moi. Je vais revenir. J'attendrai que ma joie revienne Et que soit mort le souvenir De cet amour de tant de peine Pour lequel j'ai voulu mourir. J'attendrai que ma joie revienne, Qu'au matin je puisse sourire, Que le vent ait seche ma peine Et la nuit calme mon delire. Il est, parait-il, un rivage Ou l'on guerit du mal d'aimer. Les amours mortes y font naufrage, Epaves mortes du passe. Si tu veux que ma joie revienne, Qu'au matin, je puisse sourire Vers ce pays ou meurt la peine, Je t'en prie, laisse-moi partir. Il faut de mes amours anciennes Que perisse le souvenir Pour que, liberee de ma chaine, Vers toi, je puisse revenir. Alors, je t'en fais la promesse, Ensemble nous irons cueillir Au jardin fou de la tendresse La fleur d'amour qui va s'ouvrir Mais c'est trop tot pour dire je t'aime, Trop tot pour te l'entendre dire. La voix que j'entends, c'est la sienne. Ils sont vivants, mes souvenirs. Pardonne-moi : c'est lui que j'aime. Le passe ne veut pas mourir. |
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Il a foutu le camp, le temps du lilas,
Le temps de la rose offerte, Le temps des serments d'amour, Le temps des toujours, toujours. Il m'a plantee la, sans me laisser d'adresse. Il est parti, adieu Berthe. Si tu le vois, ramene-le moi, Le joli temps du lilas. On en sourit du coin de l'?il Mais on en reve, du grand amour. Je l'ai connu, j'en porte le deuil. Ca ne peut durer toujours. Je l'ai valse au grand soleil, La valse qui vous fait la peau douce. Je l'ai croque, le fruit vermeil, A belle dents, a belle bouche. J'en ai profite, du temps du lilas, Du temps de la rose offerte, Du temps des serments d'amour, Du temps des toujours, toujours. Avant qu'il me quitte, pour me planter la Qu'il me salue, adieu Berthe, J'en ai profite, t'en fais pas pour moi, Du joli temps du lilas. Il nous arrive par un dimanche, Un lundi, un beau jour comme ca. Alors, chaque nuit qui se penche S'allume dans un feu de joie Et puis un jour, c'est la bataille. Meurent la rose et le lilas. Fini le temps des epousailles. C'est la guerre entre toi et moi Et le voila qui fout le camp sans nous crier gare. La rose s'est trop ouverte. On veut le rattraper mais il est trop tard, Le joli temps du lilas. Il vous plante la, sans laisser d'adresse Salue et adieu Berthe. Il vous file entre les doigts, Le joli temps du lilas Mais va t'en balancer a ses branches, Va t'en rever dans ses jardins, Va t'en trainer, hanche contre hanche, Du soir jusqu'au petit matin, Mais va t'en profiter du temps du lilas, Du temps de la rose offerte, Du temps des serments d'amour, Du temps des toujours, toujours. Ne reste pas la, va t'en le cueillir. Il passe et puis adieu Berthe. T'en fais pas pour moi : j'ai mes souvenirs Du joli temps du lilas... |
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Est-ce la main de Dieu,
Est-ce la main de Diable Qui a tisse le ciel De ce beau matin-la, Lui plantant dans le cœur Un morceau de soleil Qui se brise sur l'eau En mille eclats vermeils ? Est-ce la main de Dieu, Est-ce la main du Diable Qui a mis sur la mer Cet etrange voilier Qui, pareil au serpent, Semble se deplier, Noir et blanc, sur l'eau bleue Que le vent fait danser ? Est-ce Dieu, est-ce Diable Ou les deux a la fois Qui, un jour, s'unissant, Ont fait ce matin-la ? Est-ce l'un, est-ce l'autre ? Vraiment, je ne sais pas Mais, pour tant de beaute, Merci, et chapeau bas. Est-ce la main de Dieu, Est-ce la main de Diable Qui a mis cette rose Au jardin que voila ? Pour quel ardent amour, Pour quelle noble dame La rose de velours Au jardin que voila ? Et ces prunes eclatees, Et tous ces lilas blancs, Et ces grosseilles rouges, Et ces rires d'enfants, Et Christine si belle Sous ses jupons blancs, Avec, au beau milieu, L'eclat de ses vingt ans ? Est-ce Dieu, est-ce Diable Ou les deux a la fois Qui, un jour, s'unissant, Ont fait ce printemps-la ? Est-ce l'un, est-ce l'autre ? Vraiment, je ne sais pas Mais pour tant de beaute, Merci, et chapeau bas ! Le voilier qui s'enfuit, La rose que voila Et ces fleurs et ces fruits Et nos larmes de joie... Qui a pu nous offrir Toutes ces beautes-la ? Cueillons-les sans rien dire. Va, c'est pour toi et moi ! Est-ce la main de Dieu Et celle du Malin Qui, un jour, s'unissant, Ont croise nos chemins ? Est-ce l'un, est-ce l'autre ? Vraiment, je ne sais pas Mais pour cet amour-la Merci, et chapeau bas ! Mais pour toi et pour moi Merci, et chapeau bas ! |
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Une petite cantate
Du bout des doigts Obsedante et maladroite Monte vers toi Une petite cantate Que nous jouions autrefois Seule, je la joue, maladroite Si, mi, la, re, sol, do, fa Cette petite cantate Fa, sol, do, fa N'etait pas si maladroite Quand c'etait toi Les notes couraient faciles Heureuses au bout de tes doigts Moi, j'etais la, malhabile Si, mi, la, re, sol, do, fa Mais tu est partie, fragile Vers l'au-dela Et je reste, malhabile Fa, sol, do, fa Je te revois souriante Assise a ce piano-la Disant "bon, je joue, toi chante Chante, chante-la pour moi" Si, mi, la, re Si, mi, la, re Si, sol, do, fa Si, mi, la, re Si, mi, la, re Si, sol, do, fa Oh mon amie, oh ma douce Oh ma si petite a moi Mon Dieu qu'elle est difficile Cette cantate sans toi Une petite priere La, la, la, la Avec mon c?ur pour la faire Et mes dix doigts Une petite cantate Mais sans un signe de croix Quelle offense, Dieu le pere Il me le pardonnera Si, mi, la, re Si, mi, la, re Si, sol, do, fa Si, mi, la, re Si, mi, la, re Si, sol, do, fa Les anges, avec leur trompette La jouerons, jouerons pour toi Cette petite cantate Qui monte vers toi Cette petite cantate Qui monte vers toi Si, mi, la, re Si, mi, la, re Si, sol, do, fa... |
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Je recois, a l'instant ou je rentre chez moi
Votre missive bleue, Madame. Vingt fois je la relis, et mes yeux n'y croient pas. Pourtant, c'est ecrit la, Madame Et de votre douleur, je me sens penetree Mais je ne pourrais rien, Madame. Vous savez, aujourd'hui, que de l'avoir perdu, C'est lourd a supporter, Madame. Vous demandez pardon de n'avoir pas compris Ce qu'etait notre amour, Madame. Vous n'aviez que ce fils, vous aviez peur de lui Et vous l'avez garde, Madame. Ne me demandez pas ce qu'a ete ma vie Quand vous me l'avez pris, Madame. Je me suis toujours tu, ce n'est pas aujourd'hui Que je vous le dirais, Madame. Vous eussiez prefere, je vous retrouve la, Qu'il fut mort en heros, Madame. Oui, c'eut ete plus noble, je vous crois, Que de mourir d'amour, Madame Mais qu'il soit mort ici ou qu'il mourut la-bas, Auriez-vous verse moins de larmes ? Il en a decide, lui seul avait le droit. Il faut vous resigner, Madame. C'est trop tard, maintenant, pour que je vous revienne Et vous vieillirez seule, Madame Et ne m'en veuillez pas si je parais cruelle Mais je l'ai trop aime, Madame Pour qu'a la fin du jour, pres d'une cheminee, Nous evoquions ensemble, Madame, Celui que, vous et moi, nous avons adore Et perdu tout ensemble, Madame Mais le chagrin m'egare, il faut me pardonner. J'ai mal de votre mal, Madame Mais que faire, et quoi dire, puisqu'il s'en est alle ? Je ne puis rien pour vous, Madame. Pour la seconde fois, il va nous separer. Non, je ne viendrai pas, Madame, Car, le perdre deux fois, c'est lourd a supporter. Vous me comprendrez bien, Madame. Je recois, a l'instant ou je rentre chez moi, Votre missive bleue, Madame. Vingt fois je la relis, et mes yeux n'y croient pas. Pourtant, c'est ecrit la, Madame Et de votre douleur, je me sens penetree Mais je ne puis plus rien, Madame. Vous saurez, comme moi, que de l'avoir perdu C'est lourd a supporter, Madame |
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from Barbara - Femme Piano (2004)
Dans les paniers d'osier de la salle des ventes
Une gloire dechue des folles annees trente Avait mis aux encheres, parmi quelques brocantes Un vieux bijou donne par quel amour d'antan Elle etait la, figee, superbe et dechirante Ses mains qui se nouaient, se denouaient tremblantes Des mains belles encore, deformees, les doigts nus Comme sont nus, parfois, les arbres en Novembre Comme tous les matins, dans la salle des ventes Bourdonnait une foule, fievreuse et impatiente Ceux qui, pour quelques sous, rachetent pour les vendre Les tresors fabuleux d'un passe qui n'est plus Dans ce vieux lit casse, en bois de palissandre Que d'ombres enlacees, ont reve a s'attendre Les choses ont leurs secrets, les choses ont leurs legendes Mais les choses nous parlent si nous savons entendre Le marteau se leva, dans la salle des ventes Une fois, puis deux fois, alors, dans le silence Elle cria: "Je prends, je rachete tout ca Ce que vous vendez la, c'est mon passe a moi" C'etait trop tard, deja, dans la salle des ventes Le marteau retomba sur sa voix suppliante Elle vit s'en aller, parmi quelques brocantes Le dernier souvenir de ses amours d'antan Pres des paniers d'osier, dans la salle des ventes Une femme pleurait ses folles annees trente Et revoyait soudain defiler son passe Defiler son passe, defiler son passe Car venait de surgir, du fond de sa memoire Du fond de sa memoire, un visage oublie Une image cherie, du fond de sa memoire Son seul amour de femme, son seul amour de femme Hagarde, elle sortit de la salle des ventes Froissant quelques billets, dedans ses main tremblantes Froissant quelques billets, du bout de ses doigts nus Quelques billets froisses, pour un passe perdu Hagarde, elle sortit de la salle des ventes Je la vis s'eloigner, courbee et dechirante De ses amours d'antan, rien ne lui restait plus Pas meme ce souvenir, aujourd'hui disparu... |
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J'suis une souris, geule de nuit,
Et je vais, je viens, je passe, passe. J'suis pas du jour, gueule d'amour. D'ailleurs j'suis de Montparnasse, nasse. Cherchez pas de mystere, j'en ai pas. J'ai bon caractere, mais faut pas, Pas pousser grand-mere d'un faux pas, ah. Oui, j'aurais pu, comme vous Ou comme toi, etre ronde, ronde Mais c'est foutu, c'est classe Car Dieu m'a preferee longue, longue. Pour c'que j'ai a faire, ca m'gene pas. On peut pas s'refaire, jeune ou pas. Passez donc la main, La main dans la main, et viens. J'voudrais voir l'automne, dans le petit matin, Quand le ciel s'etonne Sur le canal Saint-Martin. Au lieu d'ca, je trime, Alors j'imagine Que je vois l'automne, dans le petit matin Et je m'abandonne Et j'en reve et c'est bien. J'ai jamais vu ca, J'ai jamais vu ca. J'voudrais voir l'automne, L'automne avec toi. Parfois je pense a ce que j'aurais pu etre, etre, Tiens, la Goulue, Malibran, ou la Divine peut-etre, etre. Ah, les annees trente, trente et un, Monsieur de Truc ou de Machin Prenait ta vertu Et t'avait pignon sur rue. Je m'serais paye, dans mon fiacre, Un drole de tour du monde, monde Et, des montagnes aux lacs, Je l'aurais dansee ma ronde, ronde En boa, bottee, dans mon fiacre Et toi, chapeaute, chapeau clac, On s'en s'rait alles. Allez, fouette cocher, et viens ! Viens donc voir l'automne, dans le petit matin, Quand le ciel s'etonne, sur le canal Saint-Martin. Non mais t'imagines ? Au lieu d'ca, je trime. J'voudrais voir l'automne, dans le petit matin, Quand le ciel s'etonne, de Passy a Pantin. J'ai jamais vu ca, J'ai jamais vu ca. J'voudrais voir l'automne, L'automne avec toi. On peut rever, revasser A c'qu'on aurait voulu etre, etre, Mais c'est foutu, c'est classe. Ce n'est pas plus mal peut-etre, etre V'la la fin du jour, geule d'amour. C'est bientot la nuit, gueule de nuit. En robe de lumiere, J'serai a mon affaire, viens. Apres tout, l'automne, dans le petit matin, Quand le ciel s'etonne, on verra ca demain. Viens, la ville s'allume Et Paris s'emplume. Apres tout, l'automne, dans le petit matin, Qu'est-ce que ca paut faire Puisqu'on s'aime et c'est bien. Un amour comme ca, J'ai jamais vu ca. J'ai jamais vu ca, Dieu, que ca m'etonne, tilalala... J'suis ta souris, gueule de nuit. Avec toi je vais, je passe, passe. J'suis ta souris de la nuit. Viens, j't'emmene a Montparnasse, nasse. J'suis ta souris de la nuit, J'suis ta souris, gueule de nuit. J'suis ta souris de la nuit, J'suis ta souris, gueule de nuit |
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Sur le grand bassin du chateau de l'idole,
Un grand cygne noir portant rubis au col, Dessinait sur l'eau de folles arabesques, Les gargouilles pleuraient de leurs rires grotesques, Un Apollon solaire de porphyre et d'ebene, Attendait Pygmalion, assis au pied d'un chene, Je me souviens de vous, Et de vos yeux de jade, La-bas, a Marienbad, La-bas, a Marienbad, Mais ou donc etes-vous ? Ou sont vos yeux de jade, Si loin de Marienbad, Si loin de Marienbad, Je portais, en ces temps, l'etole d'engoulevent, Qui chantait au soleil et dansaient dans les temps, Vous aviez les allures d'un dieu de lune inca, En ces fievres, en ces lieux, en ces epoques-la, Et moi, pauvre vestale, au vent de vos envies, Au c?ur de vos dedales, je n'etais qu'Ophelie, Je me souviens de vous, Du temps de ces aubades, La-bas, a Marienbad, La-bas, a Marienbad, Mais ou donc etes-vous ? Vous chantez vos aubades, Si loin de Marienbad, Bien loin de Marienbad, C'etait un grand chateau, au parc lourd et sombre, Tout propice aux esprits qui habitent les ombres, Et les sorciers, je crois, y battaient leur sabbat, Quels curieux sacrifices, en ces temps-la, J'etais un peu sauvage, tu me voulais caline, J'etais un peu sorciere, tu voulais Melusine, Je me souviens de toi De tes soupirs malades, La-bas, a Marienbad, A Marienbad, Mais ou donc etes-vous ? Ou sont vos yeux de jade, Si loin de Marienbad, Bien loin de Marienbad, Mais si vous m'appeliez, un de ces temps prochains, Pour parler un instant aux croix de nos chemins, J'ai change, sachez-le, mais je suis comme avant, Comme me font, me laissent, et me defont les temps, J'ai garde pres de moi l'etole d'engoulevent, Les grands gants de soie noire et l'anneau de diamant, Je serai a votre heure, Au grand chateau de jade, Au c?ur de vos dedales, La-bas a Marienbad, Nous danserons encore Dans ces folles parades, L'?il dans tes yeux de jade, La-bas, a Marienbad, Avec tes yeux de jade, Nous danserons encore, La-bas, a Marienbad, La-bas, a Marienbad, Mais me reviendras-tu ? Au grand chateau de jade, A Marienbad... |
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Il pleut,
Il pleut, Sur les jardins alanguis, Sur les roses de la nuit, Il pleut des larmes de pluie, Il pleut, Et j'entends le clapotis, Du bassin qui se remplit, Oh mon Dieu, que c'est joli, La pluie, Quand Pierre rentrera, Il faut que je lui dise, Que le toit de la remise, A fui, Il faut qu'il rentre du bois, Car il commence a faire froid, Ici, Oh, Pierre, Mon Pierre, Sur la campagne endormie, Le silence et puis un cri, Ce n'est rien, un oiseau de la nuit, Qui fuit, Que c'est beau cette penombre, Le ciel, le feu et l'ombre, Qui se glisse jusqu'a moi, Sans bruit, Une odeur de foin coupe, Monte de la terre mouillee, Une auto descend l'allee, C'est lui, Oh, Pierre, Pierre |
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Je ne sais pas dire "Je t'aime.".
Je ne sais pas, je ne sais pas. Je ne peux pas dire "Je t'aime.". Je ne peux pas, je ne peux pas. Je l'ai dit tant de fois pour rire. On ne rit pas de ces mots-la. Aujourd'hui que je veux le dire, Je n'ose pas, je n'ose pas. Alors, j'ai fait cette musique Qui mieux que moi te le dira. Pour une larme, pour un sourire Qui pourraient venir de toi, Je ferais le mieux et le pire Mais je ferais n'importe quoi. Pourtant le jour et la nuit meme, Quand j'ai le mal d'amour pour toi, La, simplement dire "Je t'aime." Je n'ose pas, je n'ose pas, Alors, ecoute ma musique Qui mieux que moi te le dira. Je sais ta bouche sur ma bouche. Je sais tes yeux, ton rire, ta voix. Je sais le feu quand tu me touches Et je sais le bruit de ton pas. Je saurais, sur moi, devetue, Entre mille, quelle est ta main nue, Mais simplement dire "Je t'aime.", Je ne sais pas, je ne sais pas. C'est trop bete, je vais le dire. C'est rien, ces deux mots-la Mais j'ai peur de te voir sourire. Surtout, ne me regarde pas. Tiens, au piano, je vais le dire, Amoureuse du bout des doigts. Au piano, je pourrais le dire. Ecoute-moi, regarde-moi. Je ne peux pas, Je ne sais pas, Je n'ose pas. Je t'aime, je t'aime, je t'aime... |
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Je te telephone
Pres du metro Rome. Paris, sous la pluie Me lasse et m'ennuie. La Seine est plus grise Que la Tamise. Ce ciel de brouillard Me fout le cafard Car il pleut toujours Sur le Luxembourg. Y a d'autres jardins Pour parler d'amour. Y a la tour de Pise, Mais je prefere Venise. Viens, fais tes bagages. On part en voyage. J'te donne rendez-vous A la gare de Lyon, Sous la grand horloge, Pres du portillon. Nous prendrons le train Pour Capri la belle, Pour Capri la belle, Avant la saison. Viens voir l'Italie Comme dans les chansons. Viens voir les fontaines. Viens voir les pigeons. Viens me dire "je t'aime" Comme tous ceux qui s'aiment, A Capri la belle, En toutes saisons. Paris, mon Paris, Au revoir et merci. Si on telephone, J'y suis pour personne. J'vais dorer ma peau Dans les pays chauds. J'vais m'ensoleiller Pres des gondoliers. Juste a l'aube grise, Demain, c'est Venise. Chante, Barcarolle, J'irai en gondole. J'irai, sans sourire Au pont des Soupirs Pour parler d'amour A voix de velours. Taxi, menez-moi A la gare de Lyon. J'ai un rendez-vous Pres du portillon. Je vais prendre le train Pour Capri la belle, Pour Capri la belle Avant la saison. Passant par Verone, Derriere les creneaux, J'vais voir le fantome Du beau Romeo. Je vais dire "je t'aime" A celui que j'aime. Ce sera l'Italie, Comme dans les chansons. Taxi, vite, allons ! A la gare de Lyon... |
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Il pleut sur Nantes, donne-moi la main
Le ciel de Nantes rend mon cœur chagrin Un matin comme celui-la, il y a juste un an deja La ville avait ce teint blafard lorsque je sortis de la gare Nantes m'etait encore inconnue, je n'y etais jamais venue Il avait fallu ce message pour que je fasse le voyage "Madame soyez au rendez-vous, vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup Faites vite, il y a peu d'espoir, il a demande a vous voir." A l'heure de sa derniere heure, apres bien des annees d'errance Il me revenait en plein cœur, son cri dechirait le silence Depuis qu'il s'en etait alle, longtemps je l'avais espere Ce vagabond, ce disparu, voila qu'il m'etait revenu Vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup, je m'en souviens du rendez-vous Et j'ai grave dans ma memoire cette chambre au fond d'un couloir Assis pres d'une cheminee, j'ai vu quatre hommes se lever La lumiere etait froide et blanche, ils portaient l'habit du dimanche Je n'ai pas pose de questions a ces etranges compagnons J'ai rien dit, mais a leurs regards, j'ai compris qu'il etait trop tard Pourtant j'etais au rendez-vous, vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup Mais il ne m'a jamais revue, il avait deja disparu Voila, tu la connais l'histoire, il etait revenu un soir Et ce fut son dernier voyage, et ce fut son dernier rivage Il voulait avant de mourir se rechauffer a mon sourire Mais il mourut a la nuit meme sans un adieu, sans un "je t'aime" Au chemin qui longe la mer, couche dans le jardin des pierres Je veux que tranquille il repose, je l'ai couche dessous les roses Mon pere, mon pere Il pleut sur Nantes et je me souviens Le ciel de Nantes rend mon cœur chagrin. |
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from Barbara - Chante Barbara (2001)
Est-ce la main de Dieu,
Est-ce la main de Diable Qui a tisse le ciel De ce beau matin-la, Lui plantant dans le cœur Un morceau de soleil Qui se brise sur l'eau En mille eclats vermeils ? Est-ce la main de Dieu, Est-ce la main du Diable Qui a mis sur la mer Cet etrange voilier Qui, pareil au serpent, Semble se deplier, Noir et blanc, sur l'eau bleue Que le vent fait danser ? Est-ce Dieu, est-ce Diable Ou les deux a la fois Qui, un jour, s'unissant, Ont fait ce matin-la ? Est-ce l'un, est-ce l'autre ? Vraiment, je ne sais pas Mais, pour tant de beaute, Merci, et chapeau bas. Est-ce la main de Dieu, Est-ce la main de Diable Qui a mis cette rose Au jardin que voila ? Pour quel ardent amour, Pour quelle noble dame La rose de velours Au jardin que voila ? Et ces prunes eclatees, Et tous ces lilas blancs, Et ces grosseilles rouges, Et ces rires d'enfants, Et Christine si belle Sous ses jupons blancs, Avec, au beau milieu, L'eclat de ses vingt ans ? Est-ce Dieu, est-ce Diable Ou les deux a la fois Qui, un jour, s'unissant, Ont fait ce printemps-la ? Est-ce l'un, est-ce l'autre ? Vraiment, je ne sais pas Mais pour tant de beaute, Merci, et chapeau bas ! Le voilier qui s'enfuit, La rose que voila Et ces fleurs et ces fruits Et nos larmes de joie... Qui a pu nous offrir Toutes ces beautes-la ? Cueillons-les sans rien dire. Va, c'est pour toi et moi ! Est-ce la main de Dieu Et celle du Malin Qui, un jour, s'unissant, Ont croise nos chemins ? Est-ce l'un, est-ce l'autre ? Vraiment, je ne sais pas Mais pour cet amour-la Merci, et chapeau bas ! Mais pour toi et pour moi Merci, et chapeau bas ! |
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La fille, pour son plaisir,
Choisit le matelot. L'eau voulut des navires Pour voguer a son eau. L'homme choisit la guerre Pour jouer au soldat Et partit pour la faire Sur l'air de "Ca ira". Bref, chacun possedait Ce qu'il avait souhaite. Moi, je voulais un homme Ni trop laid, ni trop beau, Qui promenerait l'amour Sur les coins de ma peau, Un homme qui, au petit matin, Me prendrait par la main Pour m'emmener croquer Un rayon de soleil. Moi, je voulais un homme. A chacun sa merveille Et la vie, en passant Un jour, me l'amena. Puis, la fille prit des coups Par son beau matelot. La guerre, en plein mois d'aout, Nous faucha le soldat. Le navire qui passait Juste a ce moment-la, Le navire qui passait Prit l'eau et puis coula. Bref, on ne sait pourquoi Mais tout se renversa. Moi, je pris en plein c?ur Un eclat de son rire Quand il jeta mon bonheur Dans la fosse aux souvenirs. Je le vis s'en aller, Emportent mon soleil, Emportant mes etes. J'avais voulu un homme. J'aurais du me mefier : Cette garce de vie, Un jour, me le reprit. Qu'importe si la vie Nous donne et nous reprend Puisqu'ici-bas, tout n'est Que recommencement. La fille, pour son plaisir, Reprendra des matelots. On refera des navires Pour le ventre de l'eau. Y aura toujours des guerres Pour jouer aux soldats Qui s'en iront les faire Sur l'air de "Ca ira". Eh ben moi, je reprendrai un homme. Pas de mal a ca, Un homme. Les hommes, j'aime ca. Un homme, un homme, un homme... |
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from Barbara - Chante Barbara (2001)
Le jour ou tu viendras, le jour ou tu viendras,
Le jour ou tu viendras, ne prends pas tes bagages. Que m'importe, apres tout, ce qu'il y aurait dedans, Je te reconnaitrai a lire ton visage. Il y a tant et tant de temps que je t'attends. Tu me tendras les mains, je n'aurai qu'a les prendre Et consoler les voix qui pleurent dans ta voix. Je t'apprivoiserai, les lumieres eteintes. Tu n'auras rien a dire, je reconnaitrai bien Le tout petit garcon, le regard solitaire Qui cachait ses chagrins dans les jardins perdus, Qui ne savait jouer qu'aux billes ou a la guerre, Qui avait tout donne et n'avait rien recu. Si je venais vers toi, je viendrais sans bagages. Que t'importe, apres tout, ce qu'il y aurait dedans. Tu me reconnaitrais a lire mon visage. Il y a tant et tant de temps que tu m'attends. Je te tendrai les mains, tu n'aurais qu'a les prendre Et consoler les voix qui pleurent dans ma voix. Tu m'apprivoiserais, les lumieres eteintes. Je n'aurais rien a dire, tu reconnaitrais bien La toute petite fille, aux cheveux en bataille Qui cachait ses chagrins dans les jardins perdus Et qui aimait la pluie et le vent et la paille Et le frais de la nuit et les jeux defendus. Quand viendra ce jour-la, sans passe, sans bagages, Nous partirons ensemble vers un nouveau printemps Qui melera nos corps, nos mains et nos visages. Il y a tant et tant de temps que l'on s'attend. A quoi bon se redire les reves de l'enfance, A quoi bon se redire les illusions perdues ? Quand viendra ce jour-la, nous partirons ensemble, A jamais retrouves, a jamais reconnus. Le jour ou tu viendras, le jour ou tu viendras, Il y a tant et tant de temps que je t'attends... |
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from Barbara - Chante Barbara (2001)
Je suis la tres mysterieuse,
Je suis la mante religieuse. Ni belle, ni bonne, Je n'aime personne Et je passe, bonjour. Je suis celle de la nuit, Je suis celle de l'amour Et je croque le mari Qui rode a mon alentour. Mais non, mes belles, Mes tourterelles, Je suis douce, Si douce, douce. J'ai le c?ur tendre Et patte de velours Et, pour me prendre Au piege de l'amour, Il n'y en a qu'un Qui sait poser ses mains Au creux de mon cou, Au creux de mes reins. Pour vous, je suis mysterieuse, La noire, la fleur veneneuse, Ni belle, ni bonne Et qui passe, bonjour. Il s'en est fallu d'un rien, J'etais blonde au nez mutin. Chacun a la gueule qu'il a. Moi j'ai la mienne et voila. Pourtant si douce, Oh douce, douce, Je suis la fidele, La pas cruelle. Quand je vous quitte, Je vais, cheveux aux vent. Je vais cueillir La petite fleur des champs Mais, pour vous plaire, Lorsque revient le soir, Sous les lumieres, Ange du desespoir. Je suis la tres mysterieuse, La noire, la fleur veneneuse, Ni belle, ni bonne, Je n'aime personne Et je passe, bonjour, Et je passe, bonjour |
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from Barbara - Voyageuse (2003)
Est-ce la main de Dieu,
Est-ce la main de Diable Qui a tisse le ciel De ce beau matin-la, Lui plantant dans le cœur Un morceau de soleil Qui se brise sur l'eau En mille eclats vermeils ? Est-ce la main de Dieu, Est-ce la main du Diable Qui a mis sur la mer Cet etrange voilier Qui, pareil au serpent, Semble se deplier, Noir et blanc, sur l'eau bleue Que le vent fait danser ? Est-ce Dieu, est-ce Diable Ou les deux a la fois Qui, un jour, s'unissant, Ont fait ce matin-la ? Est-ce l'un, est-ce l'autre ? Vraiment, je ne sais pas Mais, pour tant de beaute, Merci, et chapeau bas. Est-ce la main de Dieu, Est-ce la main de Diable Qui a mis cette rose Au jardin que voila ? Pour quel ardent amour, Pour quelle noble dame La rose de velours Au jardin que voila ? Et ces prunes eclatees, Et tous ces lilas blancs, Et ces grosseilles rouges, Et ces rires d'enfants, Et Christine si belle Sous ses jupons blancs, Avec, au beau milieu, L'eclat de ses vingt ans ? Est-ce Dieu, est-ce Diable Ou les deux a la fois Qui, un jour, s'unissant, Ont fait ce printemps-la ? Est-ce l'un, est-ce l'autre ? Vraiment, je ne sais pas Mais pour tant de beaute, Merci, et chapeau bas ! Le voilier qui s'enfuit, La rose que voila Et ces fleurs et ces fruits Et nos larmes de joie... Qui a pu nous offrir Toutes ces beautes-la ? Cueillons-les sans rien dire. Va, c'est pour toi et moi ! Est-ce la main de Dieu Et celle du Malin Qui, un jour, s'unissant, Ont croise nos chemins ? Est-ce l'un, est-ce l'autre ? Vraiment, je ne sais pas Mais pour cet amour-la Merci, et chapeau bas ! Mais pour toi et pour moi Merci, et chapeau bas ! |
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| from Barbara - Voyageuse (2003) | |||||





